Tapez « planche de bodyboard » dans Google et vous obtenez des rayons de boutique. Une page de catégorie à 294 mots, une autre à 2 000 mots dont l’essentiel décrit une politique de livraison. Personne, en français, n’explique comment on choisit réellement une planche.
Le choix tient pourtant à quatre variables, et trois d’entre elles se mesurent : la longueur, le noyau, le stringer et la forme du tail. Voici comment les combiner selon votre gabarit et vos vagues.
La longueur, d’abord, et elle se calcule
C’est la seule dimension qui ne se rattrape pas. Une planche trop courte s’enfonce et ne prend pas la vague ; trop longue, elle devient impossible à engager dans un virage.
La règle de terrain, valable depuis quarante ans : debout, la planche posée verticalement devant vous, le haut du deck doit arriver entre votre nombril et le bas de votre sternum. Ce qui donne, en pouces, l’unité utilisée par tous les fabricants :
| Taille du pratiquant | Poids indicatif | Longueur de planche |
|---|---|---|
| 1,40 à 1,55 m | 35 à 50 kg | 38 à 39 pouces (97 à 99 cm) |
| 1,55 à 1,68 m | 50 à 65 kg | 39 à 40 pouces (99 à 102 cm) |
| 1,68 à 1,78 m | 65 à 80 kg | 40 à 41 pouces (102 à 104 cm) |
| 1,78 à 1,88 m | 80 à 95 kg | 41 à 42 pouces (104 à 107 cm) |
| Plus de 1,88 m | Plus de 95 kg | 42 à 43 pouces (107 à 109 cm) |
Deux corrections à cette table. Le poids prime sur la taille quand les deux ne concordent pas : un pratiquant de 1,70 m et 90 kg prend la ligne du dessous, pas la sienne. Et le drop knee demande systématiquement un pouce de plus, parce qu’on met un genou sur le deck et qu’il faut la surface pour le poser.
Le noyau : PE ou PP, et le prix de l’erreur
C’est le cœur de la planche, et le seul critère qui change vraiment son comportement. Deux matériaux se partagent le marché.
Le polyéthylène, ou PE. Plus souple, plus lourd, plus tolérant. Il absorbe le clapot, se déforme dans le virage et revient. Il fonctionne bien en eau froide, sous 18 degrés, où il conserve sa souplesse. En eau chaude, il ramollit trop et perd son rebond.
Le polypropylène, ou PP. Plus rigide, plus léger de 15 à 20 pour cent, beaucoup plus nerveux. Il renvoie de la vitesse et tient dans les vagues creuses. Il devient dur et cassant en eau froide, où il perd son intérêt.
La règle est donc géographique avant d’être technique. Atlantique français, Manche, Bretagne, hiver : PE. Méditerranée en été, tropiques, séjours au chaud : PP. Un pratiquant qui navigue toute l’année dans les Landes et achète un PP parce qu’il a lu que c’était la gamme au-dessus fait une erreur à 100 euros.
Comptez 60 à 120 euros pour une planche PE de gamme correcte, 130 à 250 euros pour un PP. En dessous de 50 euros, on est sur du bodyboard de plage en mousse expansée, qui casse en une saison et ne prend pas les vagues formées.
Le stringer, et pourquoi la plupart des débutants n’en ont pas besoin
Le stringer est une tige, généralement en fibre de carbone ou en graphite, insérée dans la longueur du noyau. Elle rigidifie la planche et lui rend son rebond après déformation.
Sur une planche sans stringer, dans une vague de plus d’un mètre, le nez se plie et la planche perd son cap. Sur une planche à stringer, la même déformation se traduit par une accélération en sortie de virage.
Le compromis honnête : en dessous d’un mètre de vague, le stringer ne sert à rien et se paie 30 à 60 euros de plus. Au-dessus, il devient l’écart entre une planche qui suit et une planche qui subit. Un pratiquant qui commence sur du beach break de shorebreak à hauteur de hanche peut s’en passer une saison entière.
Le tail : crescent ou bat
La dernière variable, et la plus simple à trancher.
Le crescent tail, en croissant, épouse les hanches et cale le pratiquant. Il tient mieux la trajectoire, pardonne les erreurs de placement, et c’est la forme de 80 pour cent des planches vendues. C’est le choix par défaut, en prone comme en drop knee.
Le bat tail, en queue d’hirondelle, a plus de surface en arrière. Il déjauge plus tôt dans les vagues molles et pivote plus court. Il glisse davantage dans les virages appuyés, ce qui plaît en petites conditions et gêne dans le gros. Les différentes formes de planches et leurs usages détaillent les variantes.
Ce que la planche ne fait pas
Voilà le point que les guides d’achat taisent, parce qu’il vend moins.
En bodyboard, la propulsion ne vient pas de la planche. Elle vient des palmes. Un pratiquant équipé d’une planche à 200 euros et de palmes de piscine prendra moins de vagues qu’un pratiquant à l’inverse. Les palmes pèsent plus lourd dans la progression que le noyau, le stringer et le tail réunis, et c’est le poste sur lequel il ne faut pas économiser : voir comment choisir ses palmes de bodyboard.
Deuxième réserve : la table de longueurs ci-dessus est une base, pas une loi. Un pratiquant de shorebreak creux prendra volontairement un pouce de moins pour engager plus court, un pratiquant de vagues molles un pouce de plus pour flotter. Ces écarts se décident après une saison, pas avant la première planche.
Enfin, une planche a une durée de vie. Un noyau PE laissé au soleil sur le sable perd sa raideur en deux étés. Rangée à l’ombre, rincée à l’eau douce, la même planche tient cinq à sept ans. Les conditions de pratique et les précautions sont dans les dangers du bodyboard et comment les éviter, et les bases dans le guide du débutant.
Questions fréquentes
Comment choisir sa taille de bodyboard ?
Posez la planche verticalement devant vous, debout : le haut du deck doit arriver entre votre nombril et le bas de votre sternum. En pouces, cela donne 39 à 40 pour 1,55 à 1,68 m, 40 à 41 pour 1,68 à 1,78 m, et 41 à 42 pour 1,78 à 1,88 m. Quand le poids et la taille ne concordent pas, c’est le poids qui décide.
Quel est le meilleur matériau pour un bodyboard, PP ou PE ?
Cela dépend de la température de l’eau, pas du niveau. Le PE reste souple sous 18 degrés et convient à l’Atlantique et à la Manche toute l’année. Le PP est plus rigide, plus léger de 15 à 20 pour cent et plus nerveux, mais devient cassant en eau froide : il est fait pour la Méditerranée en été et les destinations chaudes.
Quelle est la taille de planche bodyboard adulte idéale ?
Pour un adulte de 1,68 à 1,78 mètre et 65 à 80 kilos, 40 à 41 pouces, soit 102 à 104 centimètres. Ajoutez un pouce si vous pratiquez le drop knee, qui demande de la surface pour poser un genou sur le deck.
Le stringer est-il indispensable en bodyboard ?
Non, en dessous d’un mètre de vague. Il coûte 30 à 60 euros de plus et n’apporte rien dans les petites conditions. Au-dessus d’un mètre, il empêche le nez de se plier et rend son rebond à la planche : il devient alors déterminant.
Quel est le meilleur bodyboard pour un débutant ?
Une planche PE à la bonne longueur, sans stringer, avec un crescent tail, entre 60 et 120 euros. Évitez les planches en mousse expansée à moins de 50 euros, qui ne prennent pas les vagues formées et cassent en une saison. Le budget économisé sur le stringer se reporte sur les palmes.
En quoi une planche de bodyboard diffère-t-elle d'une planche de surf ?
En bodyboard on navigue allongé ou un genou posé, sur une planche de 100 centimètres environ, et la propulsion vient des palmes. En surf on navigue debout, sur une planche de 1,80 à 2,70 mètres, et la propulsion vient de la rame à plat ventre. Le bodyboard permet d’aborder des vagues creuses et des shorebreaks où le surf ne passe pas.