Bodyboard

Palmes asymétriques en bodyboard : à quoi elles servent

Une voilure inclinée qui compense l'ouverture naturelle des pieds. Ce qu'elles apportent, ce que les symétriques font mieux, le seuil de vingt sessions par an qui tranche, et les trois erreurs qui coûtent plus cher que le choix de la voilure.

Une paire de palmes de bodyboard courtes et larges posées sur le sable mouillé à côté de chaussons néoprène et de leurs attaches de cheville

C’est la question qui divise le plus les pratiquants de bodyboard, et l’une des rares où les deux camps ont de bons arguments. Palmes asymétriques ou symétriques : voici ce que chacune fait réellement, et le critère qui tranche.

Ce qu’est une palme asymétrique

Une palme symétrique a une voilure dans l’axe du pied : on peut la porter indifféremment à droite ou à gauche. Une palme asymétrique a une voilure inclinée, avec un bord extérieur plus long que le bord intérieur, et elle est spécifique à un pied.

La logique est anatomique. En bodyboard, on nage à plat ventre, jambes légèrement écartées et pieds naturellement ouverts vers l’extérieur. Une voilure droite pousse alors l’eau en biais, une partie de la poussée partant sur le côté. La voilure inclinée compense cette ouverture et renvoie l’eau vers l’arrière.

C’est le principe des Churchill Makapuu, l’une des palmes historiques de la discipline, et de la plupart des modèles de compétition depuis.

Ce que ça change vraiment

Trois effets mesurables, et il faut les prendre dans l’ordre.

La poussée par battement. À effort égal, une voilure orientée dans l’axe de la poussée rend davantage. L’écart n’est pas spectaculaire sur un battement isolé, il l’est sur une rame de deux minutes pour reprendre le line-up.

La tenue de cap. C’est l’effet le plus net et le moins cité. Avec des palmes symétriques portées sur des pieds ouverts, on dérive légèrement d’un côté et on corrige sans s’en rendre compte. Les asymétriques suppriment cette correction permanente.

La fatigue de cheville. Une voilure qui travaille dans l’axe sollicite moins la rotation externe. Sur des sessions longues, la différence se sent d’abord là, avant de se sentir dans les cuisses.

Ce que les symétriques font mieux

Deux arguments solides, et ils ne sont pas de confort.

L’usure et les ampoules. Une palme symétrique se permute d’un pied à l’autre. C’est décisif dans deux cas : quand une ampoule se forme à un endroit précis, on change de pied et on finit la session ; et quand un chausson s’use, on répartit l’usure au lieu de la concentrer. Une paire d’asymétriques usée d’un côté est une paire à remplacer.

Le prêt et la revente. Une paire symétrique convient à plus de morphologies et se revend mieux. Sur un marché d’occasion où le bodyboard est abondant et peu cher, ce n’est pas anecdotique.

Le critère qui tranche

Il ne tient ni à la performance ni au prix, mais à la fréquence.

En dessous de vingt sessions par an, prenez des symétriques. Le gain de rendement des asymétriques est réel mais ne se ressent qu’à partir d’un certain volume de rame, alors que le problème d’ampoule concerne tout le monde dès la deuxième session, et particulièrement les pratiquants occasionnels dont les pieds ne sont pas faits.

Au-delà, et si vous ramez beaucoup, passez aux asymétriques. Sur un spot à courant, où l’on passe autant de temps à rejoindre le pic qu’à surfer, l’écart devient concret.

Le reste du choix, matériau, rigidité et taille, est traité dans comment choisir ses palmes de bodyboard.

Trois erreurs qui coûtent plus cher que le choix de la voilure

Se tromper de pied. Une palme asymétrique portée à l’envers fait exactement le contraire de ce qu’elle promet : elle accentue l’ouverture au lieu de la compenser. Les modèles sont marqués L et R, discrètement, et beaucoup de pratiquants ne l’ont jamais remarqué.

Naviguer sans chaussons. Quelle que soit la voilure, une palme portée à même la peau provoque des ampoules au coup de pied et au talon en deux sessions. Une paire de chaussons néoprène coûte 15 à 25 euros et change tout, y compris la taille de palme à choisir, qu’il faut prendre en tenant compte de leur épaisseur.

Naviguer sans leashes de palmes. Une palme perdue dans un shorebreak ne se retrouve pas, et il faut alors rentrer à la nage avec une seule. Les attaches coûtent 10 à 15 euros la paire. C’est le premier accessoire à acheter, avant même de se poser la question de la voilure.

La réserve

Aucune palme ne compense un mauvais placement. Un pratiquant bien placé sur le pic avec des palmes d’entrée de gamme prendra plus de vagues qu’un pratiquant mal placé avec la meilleure paire du marché. L’écart de rendement entre deux voilures est de quelques pour cent ; l’écart entre deux placements est du simple au double.

Et le débat asymétrique contre symétrique reste, pour l’essentiel, une affaire de sensation personnelle. Il n’existe pas d’étude indépendante qui chiffre le gain, seulement des retours de pratiquants et des arguments de fabricants. Si vous en avez l’occasion, essayez les deux avant d’acheter : c’est la seule méthode qui vaille, et elle coûte moins cher qu’une paire à 60 euros qui reste au garage.

Sur le reste de l’équipement, voir choisir sa planche de bodyboard et les marques de bodyboard.

Questions fréquentes


À quoi servent les palmes asymétriques en bodyboard ?

Leur voilure inclinée compense l’ouverture naturelle des pieds en position allongée. L’eau est repoussée dans l’axe plutôt qu’en biais, ce qui améliore le rendement par battement, supprime la correction de cap permanente et fatigue moins les chevilles sur les sessions longues.


Palmes symétriques ou asymétriques pour le bodyboard ?

En dessous de vingt sessions par an, les symétriques : elles se permutent d’un pied à l’autre, ce qui permet de finir une session malgré une ampoule et de répartir l’usure. Au-delà, et sur un spot à courant où l’on rame beaucoup, les asymétriques prennent l’avantage.


Comment savoir dans quel sens porter des palmes asymétriques ?

Les modèles portent un marquage L et R, souvent discret, à l’intérieur du chausson. Le bord le plus long de la voilure va vers l’extérieur du pied. Portée à l’envers, une palme asymétrique accentue l’ouverture au lieu de la compenser.


Faut-il des chaussons avec des palmes de bodyboard ?

Oui, dans tous les cas. Une palme portée à même la peau provoque des ampoules au coup de pied et au talon en deux sessions. Comptez 15 à 25 euros la paire de chaussons néoprène, et choisissez la taille de palme en tenant compte de leur épaisseur.


Quels sont les différents types de palmes ?

Elles se distinguent par la voilure, symétrique ou asymétrique, par le matériau, caoutchouc naturel plus souple ou plastique plus rigide, et par la longueur : courte et large en bodyboard pour accélérer vite dans le déferlement, longue et fine en apnée pour l’endurance. Une palme de piscine ne convient pas au bodyboard.