Bodyboard

Le bodyboard gonflable : à quoi il sert, et à quoi il ne sert pas

Il tient en bagage cabine et coûte 25 à 80 euros, mais son bord rond n'accroche pas la face de la vague. Ce qu'il fait bien, le seuil précis où il décroche, et les quatre points à vérifier avant d'en acheter un.

Un enfant allongé sur un bodyboard gonflable coloré dans l'écume blanche près du bord, eau à hauteur de genou, parents en arrière-plan

Trois cent quatre-vingt-dix recherches par mois, une offre pléthorique entre 25 et 80 euros, et une question qu’aucune fiche produit ne pose : est-ce que ça prend une vague.

La réponse honnête est non, pas une vraie. Ce qui ne veut pas dire que c’est un mauvais achat, mais que ce n’est pas le même objet qu’une planche de bodyboard.

Ce que c’est techniquement

Un bodyboard gonflable est une enveloppe en PVC, le plus souvent à structure drop stitch, c’est à dire reliée intérieurement par des milliers de fils qui l’empêchent de gonfler en ballon et lui donnent une forme plate.

Gonflé entre 8 et 12 psi, il devient raide au toucher. Dégonflé, il se plie dans un sac de 30 par 20 centimètres et pèse 1 à 2 kilos. C’est là tout son intérêt, et c’est un vrai intérêt : il passe en bagage cabine.

Pourquoi il ne prend pas les vagues formées

Deux raisons mécaniques, indépendantes de la qualité de fabrication.

Le rail ne mord pas. Sur une planche classique, le bord est un angle vif taillé dans la mousse, qui accroche la face de la vague et permet de tenir une trajectoire en travers. Un boudin gonflable a un bord rond. Il glisse, il chasse, et la planche part droit vers le bord au lieu de longer la vague.

La rigidité n’est pas la bonne. Une planche à noyau se déforme sous la charge puis revient, ce qui restitue de l’énergie en sortie de virage. Un gonflable se déforme mollement et ne rend rien. La différence est nette dès qu’on dépasse la hauteur de hanche.

Le stringer et le noyau, qui sont les deux critères déterminants d’une planche, n’ont ici pas d’équivalent : voir choisir sa planche de bodyboard.

Ce à quoi il sert vraiment

Il y a trois usages où il est le bon choix, et ils sont légitimes.

Le voyage. Une planche de 100 centimètres est un bagage spécial à 50 ou 80 euros par trajet. Un gonflable tient dans une valise. Pour une semaine où le bodyboard n’est pas le but du séjour, c’est le seul arbitrage raisonnable.

Les enfants dans la mousse. Dans le rouleau qui blanchit près du bord, à hauteur de genou, la rigidité ne sert à rien : il suffit de flotter et de se laisser pousser. Un gonflable fait le travail, coûte trois fois moins cher qu’une planche, et ne blesse personne s’il part au vent.

La plage occasionnelle. Deux ou trois utilisations par an, dans du petit shorebreak. Acheter une planche à 100 euros pour ça n’a pas de sens.

Quand c’est une erreur

Dès qu’il y a une intention de progresser. Un débutant motivé qui commence sur un gonflable attribue à son niveau ce qui vient du matériel : il ne comprend pas pourquoi il n’arrive pas à partir en travers, alors que le rail est simplement incapable de tenir.

Le seuil est assez net. Au-dessus de la hauteur de hanche, dans une vague qui déferle proprement, le gonflable décroche. En dessous, il fait ce qu’on lui demande.

Une planche d’entrée de gamme à noyau polyéthylène coûte 60 à 100 euros, soit 30 à 50 euros de plus qu’un bon gonflable, et elle change tout. Si le budget est le vrai sujet, l’occasion en bodyboard est abondante et peu chère, davantage que dans les autres sports de glisse.

Comment en choisir un correct

Si l’usage correspond, quatre points à vérifier.

La structure drop stitch, indiquée sur la fiche. Les modèles à simple soudure sans fils intérieurs gonflent en coussin et ne tiennent pas la ligne droite.

La pression de service, qui doit atteindre au moins 8 psi. En dessous, la planche reste molle quoi qu’on fasse.

La valve, de type Halkey Roberts comme sur les paddles, et non une valve de matelas pneumatique. Elle conditionne l’usage d’une pompe correcte et l’étanchéité dans la durée.

Le leash. Un bodyboard gonflable pèse un kilo et prend le vent comme une voile. Sans leash de poignet, il part au large en quelques secondes et se transforme en objet à récupérer à la nage. C’est le premier accessoire, pas un supplément.

La réserve

Un gonflable a une durée de vie limitée par le soleil et par le sable. Les ultraviolets fragilisent le PVC en deux ou trois étés, et le sable qui entre par la valve raye l’intérieur des soudures. Rincé, séché et rangé dégonflé à l’ombre, un modèle correct tient trois à cinq saisons ; laissé gonflé sur une terrasse, une seule.

Et il faut savoir ce qu’on n’achète pas : ni la sensation de glisse d’une planche à noyau, ni la possibilité de progresser au-delà de la mousse. Ce n’est pas un bodyboard d’entrée de gamme, c’est un autre objet, très bon dans son usage et inutilisable en dehors. Les conditions de baignade et les précautions à connaître sont dans les dangers du bodyboard et les baïnes.

Questions fréquentes


Un bodyboard gonflable prend-il les vagues ?

Dans la mousse et le petit shorebreak jusqu’à hauteur de hanche, oui. Au-delà, non : son bord est rond et n’accroche pas la face de la vague, ce qui empêche de partir en travers. Une planche à noyau a un rail taillé en angle vif, qui est précisément ce qui permet de tenir une trajectoire.


Quel est le prix d'un bodyboard gonflable ?

De 25 à 80 euros selon la construction. Une planche d’entrée de gamme à noyau polyéthylène coûte 60 à 100 euros, soit 30 à 50 euros de plus, et permet de progresser au-delà de la mousse.


Le bodyboard gonflable convient-il aux enfants ?

Oui, et c’est son meilleur usage. Dans le rouleau blanc près du bord, à hauteur de genou, la rigidité ne sert à rien : il suffit de flotter et de se laisser pousser. Il coûte trois fois moins cher qu’une planche et ne blesse personne s’il part au vent, à condition d’utiliser un leash de poignet.


Comment choisir un bodyboard gonflable ?

Vérifiez quatre points : une structure drop stitch, une pression de service d’au moins 8 psi, une valve de type Halkey Roberts et non une valve de matelas pneumatique, et la présence d’un leash de poignet. Sans leash, une planche d’un kilo prend le vent comme une voile.


Combien de temps dure un bodyboard gonflable ?

Trois à cinq saisons s’il est rincé à l’eau douce, séché et rangé dégonflé à l’ombre. Une seule s’il reste gonflé au soleil : les ultraviolets fragilisent le PVC en deux ou trois étés et le sable entré par la valve raye l’intérieur des soudures.