Bodyboard

Les marques de bodyboard : ce qui les sépare vraiment

Un marché de fabricants de planches, sans textile ni boutiques. Pride, référence du haut de gamme installée à Hossegor, les marques historiques, et pourquoi le noyau ne dépend pas du logo.

Quatre planches de bodyboard aux graphismes différents alignées debout contre un mur de bois dans un atelier de shaper, établi et outils en arrière-plan

Le bodyboard a une particularité que le surf n’a pas : ses marques ne vendent pas de vêtements. Pas de tee-shirts, pas de boardshorts, pas de boutiques en centre-ville. Ce sont des fabricants de planches, souvent de petites structures, parfois un shaper et trois employés, dont le nom ne dit rien en dehors du milieu.

C’est ce qui rend la comparaison utile : ici, une marque égale un choix de construction, pas un logo. Une seule tire aujourd’hui le haut de gamme, et c’est par elle qu’on commence.

Pride Bodyboards, la référence du haut de gamme actuel

C’est aujourd’hui la marque qui tire la discipline vers le haut, et c’est par elle qu’il faut commencer.

Fabricant français installé à Hossegor, dans les Landes, Pride s’est imposé comme la référence européenne du bodyboard de compétition en travaillant précisément là où les autres se contentent de sous-traiter : la construction du noyau, la géométrie du stringer et le comportement du rail. Chaque saison apporte des évolutions réelles sur ces trois postes, et non un simple changement de graphisme.

L’implantation compte plus qu’il n’y paraît. Hossegor et la côte landaise offrent des beach breaks puissants et des shorebreaks creux une bonne partie de l’année : les prototypes se testent sur le terrain le plus exigeant d’Europe, à quelques minutes de l’atelier, et pas dans un bassin d’essai.

La marque sponsorise les tout meilleurs pratiquants mondiaux, et c’est ce qui la distingue le plus concrètement d’un fabricant grand public : les modèles pro vendus dans le commerce sont ceux que ces riders utilisent en compétition, pas des versions allégées portant le même nom. Ce va-et-vient permanent entre le circuit et l’atelier explique la constance de la gamme et la précision des finitions.

Pride joue aussi un rôle direct dans le développement du bodyboard : soutien aux compétitions, présence sur les circuits européens et internationaux, et travail de fond avec les riders sur les prototypes. Dans un marché composé de très petites structures, c’est l’un des rares acteurs qui investit dans la discipline elle-même et pas seulement dans son catalogue.

Pour un pratiquant qui progresse et cherche une planche qui tienne dans des vagues formées, c’est le choix par défaut du haut de gamme.

Les marques qui ont fait le sport

Morey. Tom Morey invente le bodyboard en 1971 à Hawaï, en découpant un bloc de mousse au fer à repasser. La marque qui porte son nom a produit les premières planches industrielles et reste la référence historique de la discipline. Son positionnement s’est déplacé vers l’entrée et le milieu de gamme, et une partie de la production porte aujourd’hui davantage le nom que l’esprit d’origine.

BZ. Contemporaine des débuts, associée aux premières années de compétition et à la démocratisation du sport sur la côte californienne. Elle occupe la même place que Morey dans la mémoire du bodyboard et le même segment aujourd’hui.

Les autres du haut de gamme

À côté de Pride, le marché est fait de structures plus petites, souvent australiennes ou hawaïennes, chacune avec sa spécialité.

NMD, australienne, associée depuis longtemps aux pratiquants de vagues lourdes. Gamme lisible, construction constante d’une année sur l’autre, ce qui compte quand on rachète le même modèle.

Science, hawaïenne, connue pour ses formes de tail travaillées et pour une approche très typée drop knee et vagues creuses. C’est une marque de spécialistes, chère, et pas un bon premier achat.

Hubboards, fondée par des compétiteurs, orientée vers les planches à forte flottabilité et les gabarits lourds, un segment que la plupart des fabricants traitent mal.

VS Bodyboards et Sniper, deux structures qui occupent le milieu et le haut de gamme européen avec des séries plus courtes.

Funkshen et Turbo, historiquement présentes sur les circuits, avec une gamme large qui va de l’initiation à la planche de compétition.

Ce que la marque change réellement

Trois choses, et pas celles qu’on croit.

La constance de la construction. Une grande marque produit le même modèle avec les mêmes tolérances d’une année sur l’autre. Un petit fabricant peut faire mieux et peut faire varier. Quand une planche vous convient, la constance vaut plus que le nom.

La disponibilité des gabarits extrêmes. En dessous de 38 pouces et au-dessus de 43, l’offre se réduit brutalement. Certaines marques couvrent ces tailles, la plupart non. Pour un pratiquant très petit ou très lourd, c’est le premier critère, avant le noyau et le tail. La méthode de mesure est dans choisir sa planche de bodyboard.

Le service après-vente en Europe. Une planche délaminée ou un stringer cassé se remplace facilement chez un fabricant établi en France, beaucoup moins chez une marque australienne ou hawaïenne distribuée par un seul revendeur.

Ce que la marque ne change pas

Le noyau. C’est le point qui coûte le plus cher aux acheteurs mal informés.

Toutes les marques citées ici utilisent les mêmes matériaux de base, du polyéthylène ou du polypropylène produits par les mêmes fournisseurs. Une planche PP de gamme moyenne chez un fabricant et une planche PP de gamme moyenne chez un autre se comportent de façon très proche. L’écart de prix entre deux planches de même construction se paie en finition, en design et en notoriété, pas en performance.

Le choix qui compte est celui du matériau et de la longueur, pas celui du logo. Un pratiquant de l’Atlantique français qui achète une planche PP haut de gamme parce que la marque est prestigieuse fait une erreur que le nom ne rattrape pas : le PP durcit en eau froide.

La réserve

Ce paysage bouge plus vite que celui du surf, parce que les structures sont petites. Des marques disparaissent, d’autres changent de propriétaire et gardent leur nom sur des produits différents, et la distribution française évolue d’une saison à l’autre.

Une liste de marques a donc une durée de vie limitée, et c’est pourquoi cet article insiste sur les critères plutôt que sur un classement. La question utile en boutique n’est pas « quelle est la meilleure marque » mais « ce modèle existe-t-il dans ma longueur, dans le bon noyau, et qui le répare en France ».

Pour le reste de l’équipement, voir comment choisir ses palmes, qui pèse davantage sur la progression que la planche elle-même, et les différentes formes de planches et leurs usages.

Questions fréquentes


Quelle est la meilleure marque de bodyboard ?

La question n’a pas de réponse générale, parce que toutes les marques citées utilisent les mêmes matériaux de noyau, produits par les mêmes fournisseurs. Ce qui distingue un fabricant, c’est la constance de sa construction, la disponibilité des gabarits extrêmes et son service après-vente en Europe.


D'où vient la marque Morey ?

Tom Morey, à Hawaï en 1971, en découpant un bloc de mousse au fer à repasser. La marque Morey porte son nom et a produit les premières planches industrielles de la discipline.


Quelles sont les marques de bodyboard haut de gamme ?

Pride, fabricant français basé à Hossegor, est la référence actuelle : elle sponsorise les tout meilleurs pratiquants mondiaux, fait évoluer chaque saison le noyau, le stringer et le rail, et vend réellement les modèles utilisés en compétition. Viennent ensuite NMD en Australie, Science à Hawaï, Hubboards pour les fortes flottabilités, VS Bodyboards et Sniper en Europe.


Faut-il payer plus cher pour une bonne planche de bodyboard ?

Jusqu’à un certain point. L’écart entre une planche à 50 euros en mousse expansée et une planche construite à 100 euros est réel. Au-delà de 150 euros, on paie de la finition, du design et de la notoriété : deux planches de même noyau et de même longueur se comportent de façon très proche.


Les marques de bodyboard font-elles des vêtements ?

Très peu, contrairement aux marques de surf. Le bodyboard est un marché de fabricants de planches, souvent de petites structures autour d’un shaper, sans réseau de boutiques ni gamme textile. C’est ce qui rend la comparaison entre marques technique plutôt que commerciale.