Bodyboard

Drop knee en bodyboard : la position, l’apprentissage et le matériel

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Le drop knee est la position qui divise le bodyboard en deux. Un genou posé sur l’arrière de la planche, le pied avant à plat sur le pont, le pratiquant se redresse et surfe debout à moitié. Ce n’est ni du bodyboard allongé ni du surf : c’est une discipline à part entière, avec ses appuis, ses figures et ses contraintes de matériel.

D’où vient la position

Elle est attribuée au Hawaïen Jack Lindholm, surnommé The Ripper, qui la met au point à la fin des années 1970. On l’appelle d’ailleurs encore parfois le jack stance. L’idée était d’obtenir plus de visibilité sur la vague et une prise de carre plus franche que ce que permet la position allongée.

Le drop knee est resté minoritaire, et c’est ce qui explique la difficulté à trouver de l’information dessus. Il reste très pratiqué à Hawaï et dans les zones à vagues creuses et rapides, là où sa capacité à tenir une trajectoire haute sur la vague prend tout son sens.

La position exacte

Le pied avant se pose à plat sur le pont, orienté vers l’avant de la planche, à peu près au tiers. Le genou arrière vient au contact du pont, tibia posé, et c’est lui qui supporte l’essentiel du poids. La palme du pied arrière traîne dans l’eau et sert de gouvernail.

Le buste reste bas et légèrement en avant. Les deux mains tiennent les rails, la main avant plus près du nose pour contrôler l’assiette. Contrairement à une intuition répandue, on ne se redresse pas : plus le centre de gravité reste bas, plus la position tient.

Comment l’apprendre

La progression classique se fait en trois temps, et il est inutile de brûler les étapes.

Sur le sable d’abord. Poser la position à sec, vérifier quel pied part naturellement devant, et sentir la répartition du poids. Cinq minutes ici valent trois sessions de tâtonnement.

Dans la mousse ensuite. On prend une vague déjà cassée, en position allongée, et on passe en drop knee une fois lancé. L’objectif n’est pas de tenir longtemps mais de trouver le moment du passage, qui se fait au moment où la planche accélère.

Sur la vague enfin. Le passage se fait juste après le take off, quand la planche a pris de la vitesse. Trop tôt, on n’a pas la vitesse pour tenir ; trop tard, la vague est déjà passée.

Les trois erreurs qui reviennent

Se redresser. C’est l’erreur numéro un. Le buste haut déplace le centre de gravité vers l’arrière et fait décrocher la planche. Il faut rester compact.

Mettre le poids sur le pied avant. Le genou arrière porte, le pied avant dirige. Inverser les rôles enfonce le nose et provoque une chute avant.

Négliger la palme arrière. Elle n’est pas passive. C’est elle qui stabilise et qui permet de corriger une trajectoire. Un pratiquant qui la laisse traîner sans s’en servir se prive de son principal outil de contrôle. Le choix des palmes compte donc davantage qu’en position allongée, sujet traité dans notre guide pour choisir ses palmes de bodyboard.

Le matériel, qui n’est pas le même

Une planche de drop knee se distingue par deux choses. Elle est plus longue que ce que prendrait le même pratiquant en position allongée, parce qu’il faut de la surface pour poser le genou et le pied. Et elle demande une construction rigide, car les appuis sont ponctuels et concentrés là où une planche allongée répartit la charge sur tout le corps.

Le rail est également plus travaillé, puisque la prise de carre est le principal intérêt de la position. Les critères généraux de construction, densité du noyau et présence d’un stringer, sont détaillés dans notre article sur le choix d’une planche de bodyboard, et les différences de gabarit dans celui sur les formes de planches.

Ce qu’il faut savoir avant de s’y mettre

Deux réserves honnêtes.

Le drop knee est dur pour les genoux. Le tibia et la rotule encaissent des chocs répétés contre la planche, et les vagues creuses aggravent le phénomène. Beaucoup de pratiquants utilisent une protection, et ce n’est pas un excès de prudence. C’est la principale raison pour laquelle certains abandonnent la position.

Il demande une vague qui tient. Sur un déferlement mou ou une vague qui ferme d’un coup, la position n’a pas le temps de s’installer. Le drop knee a besoin d’une épaule qui se déroule, ce qui limite les jours exploitables sur beaucoup de spots. Sur du shorebreak violent, il expose davantage qu’il ne sert, comme le rappelle notre article sur les dangers du bodyboard.

Questions fréquentes


C'est quoi le drop knee en bodyboard ?

Une position où le pratiquant pose un genou sur l’arrière de la planche et le pied avant à plat sur le pont, ce qui le redresse à mi-hauteur. Elle est attribuée au Hawaïen Jack Lindholm, surnommé The Ripper, à la fin des années 1970, et on l’appelle parfois le jack stance. Elle donne une meilleure visibilité sur la vague et une prise de carre plus franche que la position allongée.


Comment apprendre le drop knee ?

En trois étapes : poser la position sur le sable pour trouver son pied avant et la répartition du poids, puis passer en drop knee dans la mousse une fois lancé sur une vague déjà cassée, et enfin effectuer le passage juste après le take off, au moment où la planche accélère. Trop tôt, la vitesse manque ; trop tard, la vague est passée.


Quelle planche pour faire du drop knee ?

Plus longue que celle du même pratiquant en position allongée, car il faut de la surface pour poser le genou et le pied avant, et de construction plus rigide, parce que les appuis sont ponctuels et concentrés là où la position allongée répartit la charge. Le rail est aussi plus travaillé, la prise de carre étant l’intérêt principal de la position.


Le drop knee abîme-t-il les genoux ?

Le tibia et la rotule encaissent des chocs répétés contre la planche, d’autant plus sur les vagues creuses. Beaucoup de pratiquants portent une protection, et c’est la raison la plus fréquente d’abandon de la position. Il n’existe pas d’étude publique chiffrant ce risque, mais le contact répété est inhérent au geste.