Le bodyboard est le seul équipement de vague qui tient dans un bagage de soute ordinaire. C’est un avantage considérable sur le surf, le windsurf ou le kitesurf, et c’est pourtant le sujet sur lequel circulent le plus d’idées fausses.
Ce qui suit répond à trois questions, dans l’ordre où elles se posent : est-ce que ça passe, qu’est-ce qui abîme une planche en voyage, et vaut-il mieux emporter la sienne ou louer sur place.
Une planche à la frontière du bagage standard
Une planche de bodyboard mesure en général entre trente-huit et quarante-quatre pouces, soit environ quatre-vingt-seize à cent douze centimètres. Additionnez sa largeur, une cinquantaine de centimètres, et son épaisseur : le total tourne autour de cent soixante centimètres.
Or la plupart des compagnies limitent le bagage de soute standard à cent cinquante-huit centimètres cumulés, longueur plus largeur plus hauteur. Une planche courte passe donc dans la franchise ordinaire, une planche longue la dépasse de peu.
C’est exactement pour cette raison que les réponses divergent d’un forum à l’autre : la même planche est acceptée sans frais par une compagnie et facturée en bagage spécial par une autre. La vérification se fait compagnie par compagnie, sur la page des dimensions de bagages et non sur celle des équipements sportifs, où le bodyboard est rarement mentionné.
Deux conséquences pratiques. Une planche de trente-huit ou quarante pouces voyage plus facilement qu’une planche de quarante-deux, à niveau égal. Et un bodyboard gonflable supprime purement et simplement la question, au prix de ce qu’il perd en performance.
Ce qui abîme une planche en voyage
Contrairement à une planche de surf, un bodyboard ne casse pas : il se déforme. Trois causes, dans l’ordre de fréquence.
La chaleur. C’est le premier ennemi du noyau, et de loin. Une planche laissée dans un coffre de voiture au soleil, sur un tarmac ou derrière une vitre se voile de façon irréversible. Le noyau se dilate, le slick et le deck ne travaillent pas au même rythme, et la planche garde un vrillage permanent.
L’écrasement. Une planche prise sous une pile de valises se marque durablement. Le deck garde l’empreinte et le rail se creuse.
Le pli. Une planche transportée courbée, coincée dans un coffre trop court, perd son rocker d’origine. Le rocker est ce qui fait la glisse : une fois faussé, il ne se rattrape pas.
Aucun de ces trois dégâts ne se produit pendant le vol lui-même. Ils se produisent avant et après, sur les trajets en voiture et pendant les attentes.
La housse, et ce qu’elle sert vraiment
Une housse ne protège pas des chocs, ou marginalement. Elle sert d’abord à deux choses beaucoup plus utiles.
Elle isole de la chaleur, si elle est réfléchissante. C’est le seul critère qui compte pour un transport en pays chaud, et c’est celui qu’on regarde en dernier.
Elle permet de transporter l’ensemble : planche, palmes, leash, combinaison, en un seul volume qui ne se démembre pas sur un tapis à bagages.
Pour le reste, deux serviettes autour des rails protègent aussi bien qu’une housse épaisse, et pèsent moins.
Les palmes, le point qu’on oublie
Les palmes voyagent mal pour une raison contre-intuitive : elles se déforment à la chaleur exactement comme la planche, et une palme voilée ne pousse plus droit. Elles se transportent à plat, jamais pliées, et jamais serrées entre deux objets rigides.
Emportez-les systématiquement plutôt que de compter sur une location. Une palme mal ajustée coûte des ampoules dès la deuxième session, et la pointure n’est pas le seul critère, comme le rappelle le choix des palmes de bodyboard. Ajoutez les leashs de palmes, qui ne pèsent rien et qui évitent d’en perdre une le premier jour.
Emporter ou louer
Pour le surf, la location sur place est une vraie option : on trouve des planches correctes partout où il y a des vagues. Pour le bodyboard, non.
Les planches de location sont presque toujours des modèles d’entrée de gamme, souvent déjà voilés par la chaleur, avec des noyaux mous et des decks fatigués. Un pratiquant confirmé y perd immédiatement en projection et en tenue de rail, et l’écart est bien plus sensible qu’en surf, où le volume compense beaucoup.
La règle est donc simple, et inverse de celle du surf : on emporte sa planche de bodyboard, sauf séjour très court ou pratique occasionnelle. Le critère qui compte est celui du noyau et du stringer, détaillé dans comment choisir sa planche de bodyboard : c’est précisément ce que la location ne donne pas.
Voiture, train, et le trajet du retour
En voiture, le danger est le coffre fermé au soleil. Une planche se transporte à plat dans l’habitacle, ou dans un coffre à l’ombre, jamais contre une lunette arrière.
En train, un bodyboard passe sans difficulté dans les espaces à bagages, et c’est le mode de transport qui l’abîme le moins.
Le trajet du retour mérite une attention particulière, parce qu’on y range du matériel mouillé et salé. Rincez au moins le leash et les palmes avant de fermer la housse : le sel qui sèche dans un tissu clos attaque les élastiques et les coutures plus vite que l’usage.
La réserve
Emporter sa planche a un coût qui n’apparaît pas sur la facture : celui du risque. Une planche voilée en voyage est perdue pour la saison, et aucune assurance de bagage ne couvre une déformation par la chaleur, qui sera classée en usure normale.
Seconde réserve : la facilité de transport du bodyboard encourage à partir avec un matériel unique, adapté à son spot habituel. Or une planche calibrée pour des vagues de bord courtes se comporte mal sur une gauche longue et molle. La contrainte n’est plus le transport, elle est le choix, et il se fait avant le départ.
Questions fréquentes
Peut-on prendre un bodyboard en avion ?
Oui, et le plus souvent dans la franchise de bagage ordinaire. Une planche mesure entre quatre-vingt-seize et cent douze centimètres selon sa taille ; additionnée de sa largeur et de son épaisseur, elle tourne autour de cent soixante centimètres cumulés, pour une limite habituelle de cent cinquante-huit. Une planche courte passe donc, une planche longue dépasse de peu. Vérifiez sur la page des dimensions de bagages, pas sur celle des équipements sportifs.
Combien coûte le transport d'une planche de surf en avion ?
Une planche de surf relève du bagage spécial et se facture généralement par trajet, avec des tarifs qui varient fortement d’une compagnie à l’autre et qu’il faut vérifier au cas par cas. Un bodyboard, lui, échappe le plus souvent à cette catégorie : ses dimensions le placent à la limite du bagage de soute standard, et il voyage donc gratuitement dans la franchise. C’est le principal avantage matériel de la discipline en voyage.
Faut-il une housse pour transporter son bodyboard ?
Utile, mais pas pour la raison qu’on croit. Une housse protège mal des chocs ; elle sert d’abord à isoler de la chaleur, si elle est réfléchissante, et à transporter planche, palmes, leash et combinaison en un seul volume. Contre les chocs, deux serviettes enroulées autour des rails font aussi bien pour moins de poids.
Vaut-il mieux emporter son bodyboard ou en louer sur place ?
L’emporter, contrairement au surf. Les bodyboards de location sont presque toujours des modèles d’entrée de gamme, souvent déjà voilés par la chaleur, avec des noyaux mous et des decks fatigués. L’écart de sensation est bien plus marqué qu’en surf, où le volume compense. La location ne se justifie que pour un séjour très court ou une pratique occasionnelle.