Le backflip est la figure que tout le monde cite et que très peu bouclent. Ce n’est pas une question de courage : c’est que la plupart des tentatives échouent avant même le décollage, sur un défaut de vitesse ou de choix de section.
Voici ce qu’est réellement le geste, ce qu’il exige d’avoir acquis avant, et pourquoi il ne se tente pas sur n’importe quelle vague.
Backflip, el rollo, invert : trois figures que l’on confond
La confusion est constante et elle empêche de progresser, parce qu’on s’entraîne à la mauvaise chose.
- L’el rollo est une rotation sur l’axe longitudinal, dans la vague : c’est la lèvre qui retourne le rider et le repose. Le pratiquant subit la rotation autant qu’il la provoque. C’est la première figure de rotation à acquérir, et elle est détaillée dans comment faire un el rollo.
- L’invert est un aérien renversé : la planche passe au-dessus de la tête, à l’envers, sans rotation complète. Le rider redescend dans le sens où il est parti.
- Le backflip est une rotation arrière complète sur l’axe transversal, déclenchée en l’air, hors de la vague. Elle n’est pas donnée par la lèvre : elle est initiée par le rider.
Cette dernière distinction est la clé. Sur un el rollo, on cherche à rester avec la vague. Sur un backflip, on cherche à s’en détacher.
Les prérequis, sans lesquels la tentative est perdue d’avance
Trois acquis conditionnent le geste, et aucun ne se contourne.
Le drop vertical propre. Si vous décrochez encore sur une prise de vague raide, la vitesse ne sera jamais suffisante en haut de la vague.
L’aérien simple. Sortir de la lèvre, rester à plat, retomber sur la face de la vague et repartir. Tant que la réception d’un aérien simple n’est pas régulière, ajouter une rotation ne fait qu’ajouter une inconnue.
La lecture de la section. Savoir, en deux secondes, si la section qui arrive va projeter ou fermer. C’est ce qui sépare une tentative d’un accident.
La vague qu’il faut, et celle qu’il ne faut pas
Un backflip a besoin d’une rampe. Concrètement : une section qui se creuse et dont la lèvre se projette vers l’avant, assez rapide pour donner de la projection verticale.
Une vague molle, qui s’écroule sur elle-même sans projeter, ne renvoie rien : on quitte l’eau sans hauteur et la rotation ne se termine pas. À l’inverse, une section trop épaisse ou qui ferme d’un coup ne laisse pas d’espace de réception.
Les vagues de bord fournissent souvent la rampe idéale, mais elles réduisent la profondeur à la réception : c’est le compromis à assumer, et c’est pour cela que ces figures se travaillent d’abord sur des vagues cassant en eau plus profonde.
Le geste, décomposé
- L’approche. Une trajectoire remontante vers la lèvre, pas perpendiculaire. On aborde la section en biais, avec de la vitesse acquise dans le bas de la vague.
- L’appui. Au contact de la lèvre, le rail d’appui charge la planche. C’est cet appui qui fait la projection : sans lui, on décolle mou.
- Le déclenchement. La rotation s’amorce par le regard et les épaules, en arrière, au moment précis où la planche quitte l’eau. Trop tôt, on part en vrille sans hauteur ; trop tard, la vague est déjà passée.
- Le groupé. La planche est tenue serrée contre le buste, coudes rentrés. Une planche qui s’éloigne du corps ralentit la rotation, exactement comme les bras écartés d’un plongeur.
- La sortie. On rouvre le regard vers la surface pour arrêter la rotation, et on cherche à reposer la planche à plat sur la face de la vague, pas dans le creux.
Les cinq erreurs qui reviennent
- Manquer de vitesse. C’est la cause de neuf tentatives ratées sur dix, et elle se corrige dans le bas de la vague, pas en haut.
- Regarder la planche. Le regard mène la rotation. Les yeux sur la planche l’arrêtent net.
- Lâcher les rails. Une main qui se décroche pendant la rotation désaxe l’ensemble.
- Choisir une section qui ferme. Aucune technique ne rattrape ce choix.
- Vouloir aller au bout à tout prix. Une rotation abandonnée à mi-course, bras devant la tête, coûte moins cher qu’une réception forcée sur la nuque.
Le matériel, qui compte plus qu’on ne croit
Une planche trop souple absorbe l’appui au lieu de le renvoyer, et l’aérien reste bas. Pour les figures aériennes, un noyau dense et un stringer rigide changent réellement la projection, comme le détaille le choix d’une planche de bodyboard.
Les palmes comptent aussi, pour une raison indirecte : c’est la vitesse d’approche qui fait la figure, et une palme trop souple ne la donne pas.
La réserve
Le backflip est une figure à faible rendement. Le taux de réussite reste bas très longtemps, y compris chez des pratiquants solides, et l’essentiel du temps passé à la tenter est du temps perdu pour le reste de la progression.
Il faut aussi être honnête sur le risque. Une rotation ratée met la nuque et le dos en première ligne, et la réception se fait souvent à l’aveugle. Ce n’est pas une figure à travailler seul, ni en fin de session quand la fatigue allonge les temps de réaction.
Enfin, une figure spectaculaire n’est pas un niveau. Un pratiquant qui lit bien une vague, place ses trajectoires et sort proprement de ses sections progresse plus vite, et prend plus de plaisir, qu’un pratiquant qui tente vingt backflips par session sans en boucler un.
Questions fréquentes
Comment faire un backflip en bodyboard ?
En cinq temps. Aborder la section en biais avec de la vitesse acquise dans le bas de la vague, charger le rail d’appui au contact de la lèvre pour obtenir de la projection, déclencher la rotation par le regard et les épaules au moment exact où la planche quitte l’eau, se grouper en tenant la planche serrée contre le buste, puis rouvrir le regard vers la surface pour arrêter la rotation et reposer à plat sur la face de la vague.
Quelle est la différence entre un el rollo et un backflip ?
L’el rollo est une rotation sur l’axe longitudinal provoquée par la lèvre, qui retourne le rider et le repose : on reste avec la vague. Le backflip est une rotation arrière complète sur l’axe transversal, déclenchée par le rider en l’air, hors de la vague : on s’en détache. C’est pour cela que l’el rollo s’apprend en premier, et que travailler l’un ne fait pas progresser sur l’autre.
C'est quoi un invert en bodyboard ?
Un aérien renversé : la planche passe au-dessus de la tête, à l’envers, sans rotation complète, et le rider redescend dans le sens où il est parti. C’est la figure intermédiaire entre l’aérien simple et le backflip, et celle qui apprend à gérer la sensation d’être à l’envers sans avoir encore à terminer une rotation.
Quelles conditions pour tenter un backflip ?
Une section qui se creuse et dont la lèvre se projette vers l’avant, c’est-à-dire une rampe. Une vague molle qui s’écroule sans projeter ne donne pas de hauteur, et une section qui ferme d’un coup ne laisse pas d’espace de réception. Travaillez la figure sur des vagues cassant en eau suffisamment profonde avant de la tenter sur une vague de bord, où la rampe est idéale mais la réception dangereuse.