Bodyboard

Comment faire du bodyboard : position, départ et trajectoire

position bodyboard

Le bodyboard donne des sensations dès la première heure, et c’est ce qui le rend trompeur. Prendre une vague de mousse et filer vers la plage s’apprend en quelques minutes. Tout ce qui vient après, sortir de la mousse, aller chercher la vague avant qu’elle ne casse, et surfer le long de l’épaule plutôt que tout droit, demande une technique précise que personne n’explique parce qu’elle paraît évidente.

La position sur la planche, d’où tout découle

C’est le point qui change le plus de choses, et celui que la plupart des débutants négligent. Le corps doit être remonté sur la planche, poitrine posée sur le pont, le nose dépassant à peine devant les épaules. Le bassin et les cuisses restent sur la partie arrière, et les jambes sortent de l’eau au moment de la glisse.

Trop en arrière, la planche cabre et freine. Trop en avant, le nose plonge et provoque une chute nette. Le repère utile : les coudes doivent pouvoir se poser sur le pont sans que les mains lâchent les rails.

Une précision qui économise beaucoup d’essais : ne waxez pas trop la zone poitrine et ventre. Une planche trop accrocheuse à cet endroit empêche les ajustements rapides de position, qui sont précisément ce qui permet de manoeuvrer. La wax sert surtout là où se posent les bras et les mains.

Ramer et passer la barre

Le déplacement se fait aux palmes, pas aux bras. Les bras servent à tenir la planche et à corriger la direction ; ce sont les jambes qui avancent. Un battement ample, jambes tendues et amplitude réduite, fatigue beaucoup moins qu’un pédalage rapide.

Pour passer une vague qui arrive, deux techniques selon la taille. Sur une petite vague, on remonte sur la planche et on la traverse en gardant le nose légèrement relevé. Sur une vague plus grosse, on plonge sous elle en poussant la planche vers le fond, bras tendus, et on remonte derrière.

Le rythme compte autant que la technique : on part quand la série est passée, jamais au milieu. Les palmes font ici une différence considérable, et c’est le poste d’équipement le plus déterminant de la discipline.

Prendre la vague au bon moment

La faute la plus fréquente est de partir trop tard. On attend de voir la vague arriver, on donne trois coups de palmes, et elle passe dessous.

Le départ se prépare avant : on se place dos à la vague, on commence à palmer dès qu’elle se forme, et on accélère quand elle soulève l’arrière de la planche. À ce moment précis, deux ou trois battements courts et puissants suffisent à se faire prendre. Les bras tirent alors les rails vers l’avant pour engager la glisse.

Si la vague soulève la planche sans que rien ne se passe, c’est qu’il manquait de la vitesse au moment du départ, presque jamais de la force.

Ne plus aller tout droit

C’est le passage du débutant au pratiquant. Aller tout droit vers la plage revient à subir la vague ; surfer le long de l’épaule, dans la partie qui n’a pas encore cassé, revient à l’utiliser.

La direction se donne par la main avant, qui appuie sur le rail du côté où l’on veut aller, et par le poids du corps qui bascule légèrement. La planche répond immédiatement. Une fois le bord engagé, le regard va vers l’endroit où l’on veut aller, jamais sur la planche.

C’est à ce stade que la position drop knee, ou les premières figures, deviennent envisageables. Elles sont traitées dans nos articles sur le drop knee et sur le el rollo.

Quelles conditions pour progresser

La vague idéale pour apprendre n’est pas la plus grosse mais la plus régulière. Une vague qui casse progressivement, en déroulant le long de la plage, laisse le temps de se placer. Une vague qui ferme d’un coup sur tout son front ne laisse rien.

La marée change tout sur la plupart des plages de sable, et le même spot peut être excellent à un moment et injouable deux heures plus tard. Apprendre à lire ces paramètres avant d’entrer est développé dans notre article sur la lecture d’un spot.

Ce qu’on ne dit pas assez

Le bodyboard se pratique souvent là où le surf ne va pas : dans le shorebreak, ces vagues qui cassent directement sur le sable. C’est ce qui fait son intérêt et c’est ce qui le rend dangereux. La réception se fait dans très peu d’eau, et les blessures cervicales et d’épaule y sont la vraie menace, bien avant la noyade. Le sujet est traité franchement dans notre article sur les dangers du bodyboard.

Deuxième point : la facilité d’accès de la discipline masque un plafond technique réel. Les premières vagues arrivent vite, la progression ensuite est lente, et beaucoup s’arrêtent au stade du tout droit en pensant avoir fait le tour du sport.

Questions fréquentes


Comment débuter en bodyboard ?

En travaillant d’abord la position : poitrine sur le pont, nose dépassant à peine devant les épaules, coudes posés sans lâcher les rails. Ensuite le déplacement aux palmes et non aux bras, puis le passage de la barre, et enfin le départ, qui se prépare avant que la vague n’arrive. Aller tout droit dans la mousse suffit pour commencer.


Comment passer les vagues en bodyboard ?

Deux techniques selon la taille. Sur une petite vague, on remonte sur la planche et on la traverse en gardant le nose légèrement relevé. Sur une plus grosse, on plonge dessous en poussant la planche vers le fond, bras tendus, et on remonte derrière. Le plus important reste le rythme : on part quand la série est passée, jamais au milieu.


Quelle est la hauteur de vague idéale pour le bodyboard ?

Ce n’est pas la hauteur qui compte mais la façon dont la vague casse. Une vague qui déroule progressivement le long de la plage laisse le temps de se placer et permet de progresser, même petite. Une vague qui ferme d’un coup sur tout son front ne laisse rien, quelle que soit sa taille.


Pourquoi je n'arrive pas à prendre la vague en bodyboard ?

Presque toujours parce que le départ est trop tardif. Attendre de voir la vague arriver pour palmer ne laisse pas le temps d’atteindre sa vitesse. Il faut commencer à palmer dès qu’elle se forme, accélérer quand elle soulève l’arrière de la planche, et tirer les rails vers l’avant. Ce qui manque est de la vitesse, presque jamais de la force.