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Le waveski : surfer assis, et ce que ça change

waveski

Le waveski est un engin de glisse mal connu en France alors qu’il coche à peu près toutes les cases de ce que cherchent les pratiquants : il surfe des vagues que le surf ne prend pas, il se pratique assis, et il permet de repartir immédiatement après une chute sans remonter sur sa planche. Voici ce que c’est exactement, et ce que change la position assise.

Ce qu’est un waveski

Un waveski est une planche de surf sur laquelle on est assis, équipée d’un siège, d’une cale-cuisses et d’une sangle qui maintient le pratiquant solidaire de l’engin. La propulsion se fait à la pagaie double, celle du kayak.

Cette combinaison n’est pas anodine. Être attaché signifie que l’on peut se retourner complètement et se redresser sans quitter l’engin, comme un kayakiste. La pagaie signifie que l’on rame assis, avec le haut du corps, et non allongé à plat ventre.

L’engin est court, proche d’une planche de surf par la longueur et la forme, avec des ailerons sous la coque. Il se dirige comme une planche, à la carre, la pagaie servant d’appui et de gouvernail complémentaire.

Waveski, surfski, kayak de mer : ne pas confondre

Trois engins portent des noms proches et n’ont rien à voir.

Le waveski est fait pour surfer les vagues. Il est court, manoeuvrant, et inutilisable pour parcourir des distances.

Le surfski est un kayak de course océanique, long et fin, conçu pour la vitesse et la distance en mer. Il utilise la houle pour glisser mais ne surfe pas une vague déferlante au sens sportif.

Le kayak de mer est un bateau de randonnée, ponté, destiné au voyage et au chargement.

La confusion est fréquente parce que les trois se pratiquent assis avec une pagaie double, mais leurs terrains de jeu n’ont aucun rapport.

Ce que la position assise change vraiment

La rame est bien plus efficace. Une pagaie double propulse nettement mieux que des bras à plat ventre. Le waveski prend des vagues plus tôt et plus facilement, y compris des vagues molles qu’un surfeur laisserait passer.

Le retour au large est rapide. Là où un surfeur rame péniblement contre le courant, un waveskieur remonte à la pagaie. Sur un spot avec du courant, la différence est considérable.

La chute ne coûte rien. Étant attaché, on se retourne et on se redresse d’un coup de pagaie, sans lâcher l’engin ni remonter dessus. C’est le principal gain de temps sur une session.

Le centre de gravité est bas. Assis, on est plus stable qu’un surfeur debout, ce qui rend les premiers essais étonnamment accessibles.

Et ce qu’elle coûte

Il faut être honnête sur l’autre versant.

Le matériel est encombrant et lourd, davantage qu’une planche de surf, et il demande une pagaie en plus. Le transport et le stockage sont un vrai sujet.

L’engin est dangereux pour les autres. Un waveski qui part seul dans une série est un objet lourd et rigide. La cohabitation sur un spot fréquenté demande des précautions supérieures à celles du surf.

Le retournement s’apprend. Être attaché est un avantage à condition de savoir se redresser. Sans cette compétence, la position assise devient un piège, et c’est la raison pour laquelle l’apprentissage passe par de l’eau calme avant les vagues.

Où et comment s’y mettre

Le waveski se pratique sur les mêmes vagues que le surf, avec une préférence pour les vagues qui déroulent plutôt que pour les shorebreaks, où l’encombrement de l’engin devient problématique.

La progression classique commence en eau plate, pour la pagaie et le retournement, puis passe à la mousse, puis à la vague formée. Les notions de lecture des conditions sont les mêmes que pour le surf, et notre article sur la lecture d’un spot s’applique tel quel.

La France dispose d’une tradition réelle sur cette discipline, notamment sur la côte atlantique, mais le nombre de clubs reste faible. C’est souvent par un club de kayak plutôt que par une école de surf que l’on y accède.

Côté équipement, la logique est celle de tous les sports de vague : l’épaisseur de la combinaison se choisit sur la température de l’eau, sujet traité dans notre article sur l’épaisseur d’une combinaison. Et la connaissance des courants reste indispensable, en particulier celle des baïnes sur les côtes sableuses, un engin rapide donnant une fausse impression de sécurité face à un courant.

Notre essai, et ce qu’il a montré

Testé par notre équipe sur la côte basque, dans une houle courte avec un vent de terre léger, l’engin confirme l’essentiel : les premières vagues arrivent très vite, bien plus vite qu’en surf, parce que la pagaie compense l’absence de placement parfait.

La difficulté apparaît ailleurs, sur la trajectoire. Diriger un waveski demande de coordonner l’appui de carre et l’appui de pagaie, ce qui n’est intuitif ni pour un surfeur ni pour un kayakiste. C’est le vrai apprentissage de la discipline.

Point pratique relevé pendant l’essai : le réglage de la sangle et de la cale-cuisses change tout. Trop lâche, on sort de l’engin à la première chute, ce qui annule son principal avantage.

La réserve

La discipline est confidentielle et cela se paie. Peu de clubs, peu de matériel disponible à l’essai, un marché de l’occasion très étroit et presque aucun contenu pédagogique en français. Se lancer suppose d’accepter de chercher, et souvent de se déplacer.

La cohabitation avec les surfeurs n’est pas toujours simple. Un waveski prend plus de vagues, plus facilement, et sur un pic fréquenté cela crée des tensions parfaitement compréhensibles. La règle de priorité reste la même pour tous, et l’engin le plus efficace n’a pas plus de droits que les autres.

Questions fréquentes


C'est quoi le waveski ?

Une planche de surf sur laquelle on est assis, équipée d’un siège, d’une cale-cuisses et d’une sangle qui rend le pratiquant solidaire de l’engin, propulsée à la pagaie double. Cette combinaison permet de se retourner complètement et de se redresser sans quitter l’engin, comme un kayakiste, tout en dirigeant à la carre comme une planche de surf.


Quelle est la différence entre un waveski et un surfski ?

Le waveski est court et manoeuvrant, conçu pour surfer des vagues déferlantes, et inutilisable pour parcourir des distances. Le surfski est un kayak de course océanique, long et fin, conçu pour la vitesse et la distance en mer : il utilise la houle pour glisser mais ne surfe pas une vague au sens sportif. Le kayak de mer, lui, est un bateau de randonnée ponté.


Le waveski est-il plus facile que le surf ?

Plus facile à commencer, à cause de deux avantages : la pagaie double propulse bien mieux que la rame à plat ventre, donc les vagues se prennent plus tôt, et la position assise abaisse le centre de gravité, ce qui rend l’engin stable. La difficulté est ailleurs : diriger demande de coordonner appui de carre et appui de pagaie, ce qui n’est intuitif ni pour un surfeur ni pour un kayakiste.


Où pratiquer le waveski en France ?

Sur les mêmes vagues que le surf, avec une préférence pour celles qui déroulent plutôt que pour les shorebreaks, où l’encombrement de l’engin pose problème. La France a une tradition réelle sur la côte atlantique, mais le nombre de clubs reste faible : on y accède plus souvent par un club de kayak que par une école de surf.