Une combinaison 4/3 mal ajustée réchauffe moins qu’une 3/2 à la bonne taille. C’est la première chose à comprendre avant de regarder les millimètres : l’épaisseur ne sert à rien si l’eau circule.
Cela dit, les millimètres décident du reste. Voici comment les choisir en fonction de la température de l’eau, région par région, et ce qui compte autant qu’eux.
Ce que veulent dire les chiffres
Une combinaison porte deux ou trois nombres, toujours dans le même ordre : l’épaisseur du torse d’abord, celle des membres ensuite.
Une 3/2 a 3 mm de néoprène sur le buste et 2 mm sur les bras et les jambes. Une 5/4/3 a 5 mm sur le torse, 4 mm sur les cuisses et les bras, 3 mm sur les mollets et les avant-bras.
La logique est simple : le tronc perd le plus de chaleur et bouge le moins, les membres perdent moins et doivent rester souples. Un millimètre de plus sur les bras coûte de la mobilité de rame, et la rame est ce qu’on fait 80 pour cent du temps.
La table de correspondance
| Température de l’eau | Combinaison | Accessoires |
|---|---|---|
| Plus de 24 °C | Lycra ou boardshort | Rien |
| 21 à 24 °C | Shorty 2 mm | Rien |
| 18 à 21 °C | Intégrale 3/2 | Rien |
| 15 à 18 °C | Intégrale 3/2 ou 4/3 | Chaussons 3 mm si sessions longues |
| 12 à 15 °C | Intégrale 4/3 | Chaussons 3 mm, cagoule utile |
| 9 à 12 °C | Intégrale 5/4 ou 5/4/3 | Cagoule, gants et chaussons 5 mm |
| Moins de 9 °C | 6/5/4 à cagoule intégrée | Gants et chaussons 7 mm |
Deux corrections à cette table. Elle vaut pour une session d’une heure trente : au-delà de deux heures, descendez d’une ligne. Et elle vaut pour un pratiquant en mouvement : en session de petites conditions où l’on attend beaucoup, on se refroidit bien plus vite qu’en session engagée.
Ce que ça donne en France
La table ci-dessus est théorique. Voilà ce qu’elle donne concrètement selon l’endroit où vous surfez.
| Région | Été | Automne | Hiver | Printemps |
|---|---|---|---|---|
| Landes, Côte basque | 3/2 ou shorty | 3/2 | 4/3 + chaussons | 4/3 |
| Vendée, Charente | 3/2 | 3/2 | 4/3 + chaussons | 4/3 |
| Bretagne sud | 3/2 | 4/3 | 5/4 + cagoule | 4/3 + chaussons |
| Bretagne nord, Manche | 3/2 ou 4/3 | 4/3 | 5/4/3 complet | 5/4 |
| Méditerranée | Lycra ou shorty | 3/2 | 4/3 | 3/2 |
Si vous ne devez acheter qu’une combinaison et que vous surfez sur la côte atlantique française, prenez une 4/3. Elle couvre huit mois sur douze et se supporte en été sur les sessions du matin. L’inverse, une 3/2 achetée pour l’été, laisse quatre mois d’hiver sans solution.
Ce qui compte autant que l’épaisseur
Trois critères qui expliquent pourquoi deux 4/3 au même prix ne se valent pas.
Les coutures. Une couture flatlock est plate, confortable et laisse passer l’eau : elle convient au-dessus de 20 degrés, pas en dessous. Une couture collée et cousue à l’aveugle, dite GBS, est étanche. Sur une combinaison d’hiver, une flatlock est un défaut disqualifiant, quelle que soit l’épaisseur affichée.
La fermeture. Le zip dorsal s’enfile facilement et laisse entrer un filet d’eau dans le dos. Le zip poitrine est plus étanche et plus pénible à enfiler les trois premières fois. En dessous de 14 degrés, le zip poitrine fait une vraie différence.
La doublure thermique. Un intérieur polaire sur le buste vaut en ressenti à peu près un millimètre d’épaisseur, sans coûter en souplesse. Une 4/3 doublée tient souvent mieux qu’une 5/4 nue.
Côté budget : 80 à 150 euros en entrée de gamme, 200 à 350 euros pour une combinaison correctement construite, au-delà pour des néoprènes plus souples et plus légers. L’écart utile se situe entre l’entrée de gamme et le milieu ; au-delà, on paie de la souplesse, pas de la chaleur.
La taille, et l’erreur classique
Une combinaison neuve doit être désagréablement serrée à sec. Elle se détend de 3 à 5 pour cent une fois mouillée et à température du corps.
Le test : bras levés, l’entrejambe doit remonter et les épaules tirer un peu. S’il reste un pli de tissu vide dans le bas du dos ou derrière les genoux, la taille est trop grande. Ce pli se remplit d’eau, l’eau se renouvelle à chaque mouvement, et le néoprène ne chauffe plus rien.
C’est la première cause de sessions écourtées, très loin devant le choix des millimètres.
La réserve
La table de correspondance décrit une moyenne, et la sensation de froid ne se moyenne pas. À température d’eau égale, un pratiquant de 60 kilos se refroidit nettement plus vite qu’un pratiquant de 90, et le vent change tout : 15 degrés d’eau avec 30 nœuds de vent de terre valent 12 degrés sans vent, parce que c’est en surface, entre deux vagues, qu’on perd la chaleur.
Enfin, une combinaison a une durée de vie courte si on la traite mal. Rincée à l’eau douce et séchée à l’ombre sur un cintre large, elle tient quatre à six saisons. Roulée mouillée dans un coffre et séchée au soleil, deux ans au mieux.
Pour les autres postes d’équipement, voir comment choisir sa première planche de surf, et pour les destinations d’hiver le surf au Maroc.
Questions fréquentes
Quelle épaisseur pour un combi surf ?
Une 3/2 mm entre 18 et 21 degrés d’eau, une 4/3 entre 12 et 15, une 5/4 ou 5/4/3 entre 9 et 12 avec cagoule, gants et chaussons. Si vous n’achetez qu’une combinaison pour la côte atlantique française, prenez une 4/3 : elle couvre huit mois sur douze.
Quelle est l'épaisseur d'une combinaison 4/3 ?
Quatre millimètres de néoprène sur le torse et trois millimètres sur les bras et les jambes. Le tronc est plus épais parce qu’il perd le plus de chaleur, les membres plus fins parce qu’il faut garder la souplesse pour ramer.
Que signifie la combinaison 5/4/3 ?
Cinq millimètres sur le torse, quatre sur les cuisses et les bras, trois sur les mollets et les avant-bras. C’est une combinaison d’hiver franc, pour une eau entre 9 et 12 degrés, à compléter par une cagoule, des gants et des chaussons de 5 millimètres.
Quelle combinaison pour une eau à 15 degrés ?
Une 4/3 intégrale, avec des chaussons de 3 millimètres si les sessions dépassent une heure trente. Une 3/2 passe pour une session courte, mais le refroidissement arrive vite dès qu’on attend entre deux séries.
Comment savoir si ma combinaison est à la bonne taille ?
Elle doit être désagréablement serrée à sec : elle se détend de 3 à 5 pour cent une fois mouillée. Bras levés, l’entrejambe remonte et les épaules tirent légèrement. S’il reste un pli de tissu vide dans le bas du dos ou derrière les genoux, elle est trop grande et se remplira d’eau.
Zip dorsal ou zip poitrine ?
Le zip dorsal s’enfile plus facilement et laisse entrer un filet d’eau dans le dos. Le zip poitrine est plus étanche et plus difficile à enfiler au début. En dessous de 14 degrés d’eau, le zip poitrine fait une différence nette sur la durée des sessions.
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