Windsurf

Les voiles de windsurf : quelle surface selon le vent

Les surfaces à viser de 10 à 28 nœuds selon votre poids, pourquoi deux voiles suffisent longtemps, les types de voiles, le rôle du mât et le poids réel d'un gréement.

Trois gréements de planche à voile de tailles décroissantes posés sur leur planche au bord de l'eau au coucher du soleil, un windsurfeur au large

La voile est la pièce qui décide de la session. On peut naviguer correctement avec une planche moyenne et une voile bien choisie ; l’inverse ne fonctionne pas. Trop grande, elle devient ingérable dans la première rafale. Trop petite, elle ne fait rien démarrer et la session se passe assis sur la planche.

Voici les surfaces à viser selon le vent et votre poids, puis ce qui distingue les types de voiles entre eux.

Quelle surface selon le vent

La surface se choisit d’abord sur le vent attendu, ensuite sur le poids du pratiquant. Les valeurs ci-dessous correspondent à un pratiquant de 75 kg de niveau intermédiaire à confirmé, sur une planche de freeride.

10 à 14 nœuds : 7,5 à 8,5 m². C’est le domaine du vent léger, où l’on cherche à planer coûte que coûte. Au-delà de 8,5 m², la voile devient lourde à manœuvrer et le gain est faible.

14 à 18 nœuds : 6,5 à 7,0 m². La plage la plus confortable et la plus fréquente en France.

18 à 22 nœuds : 5,5 à 6,0 m².

22 à 28 nœuds : 4,7 à 5,2 m².

Au-delà de 28 nœuds : 4,0 à 4,5 m², et une planche adaptée.

Ajustez d’environ 0,5 m² par tranche de dix kilos d’écart avec la référence : un pratiquant de 85 kg prendra une demi-surface au-dessus, un pratiquant de 65 kg une demi-surface en dessous.

Deux règles pratiques valent tous les tableaux. Sous-toilé, on ne plane pas mais on rentre ; sur-toilé, on subit et on se fatigue en dix minutes. Dans le doute, prenez la plus petite des deux. Et pour un débutant, divisez par deux : on apprend avec 3,5 à 5,0 m², quel que soit le vent, parce qu’à ce stade la voile sert à comprendre l’équilibre, pas à générer de la puissance.

Deux voiles suffisent longtemps

Le réflexe du pratiquant qui progresse est d’accumuler les surfaces. En réalité, deux voiles bien espacées couvrent l’essentiel d’une saison : une grande pour le vent léger et médium, une petite pour le vent établi, avec environ 1,5 m² d’écart entre les deux.

Pour 75 kg, une 6,5 et une 5,0 couvrent de douze à vingt-huit nœuds. La troisième voile n’apporte du confort qu’à partir du moment où l’on navigue plus de trente fois par an.

Les types de voiles

Les voiles d’initiation. Petites surfaces, peu de lattes, films transparents et légers, souvent sans fenêtre rigide. Elles s’affalent et se relèvent facilement, ce qui est exactement ce qu’on demande quand on passe la moitié de la séance à sortir la voile de l’eau.

Les voiles de freeride. Sans camber, quatre à six lattes. Elles sont légères, faciles à gréer, tolérantes au réglage et suffisamment performantes pour tout ce qui n’est pas de la compétition. C’est le choix par défaut, et pour la plupart des pratiquants le seul nécessaire.

Les voiles de freerace et de slalom. Équipées de cambers, ces pièces plastiques qui plaquent le fourreau contre le mât et stabilisent le profil. Elles tiennent mieux la puissance à haute vitesse et se dérèglent moins dans les rafales. En contrepartie, elles sont plus lourdes, plus longues à gréer, et beaucoup plus pénibles à relever depuis l’eau.

Les voiles de vague. Petites, très souples, avec peu de lattes et un profil qui se dépuissance quand on ouvre. Elles sont conçues pour être oubliées pendant qu’on surfe, pas pour tirer fort.

Les voiles de foil. Plus creuses, avec un point de traction plus haut, pour générer de la puissance dans très peu de vent. On navigue en général une taille en dessous de ce qu’on prendrait en planche classique. Le sujet est traité dans le windfoil.

Le mât, qui compte autant que la voile

Une voile ne se comporte comme prévu que sur le mât pour lequel elle a été dessinée. Deux paramètres.

L’IMCS est l’indice de rigidité, généralement compris entre 15 et 35. Chaque voile indique celui qu’elle attend, et s’en écarter déforme le profil : trop souple, la voile se creuse et devient molle ; trop raide, elle s’aplatit et perd sa puissance.

Le diamètre, RDM ou SDM. Le RDM, plus fin, est plus solide et plus léger, retenu sur les petites surfaces et les voiles de vague. Le SDM, standard, est plus rigide et se retrouve sur les grandes surfaces et les voiles à cambers. Les deux ne sont pas interchangeables sans adaptateur.

Le taux de carbone détermine surtout le poids et la réactivité. Un mât à 30 % de carbone convient parfaitement à un usage freeride ; les 100 % carbone se justifient en compétition ou sur des voiles haut de gamme.

Le poids et l’entretien

Une voile de windsurf pèse entre 3 et 6 kg selon sa surface et sa construction. Une 5,0 de freeride tourne autour de 3,5 kg, une 8,0 à cambers dépasse facilement 5,5 kg. Le mât ajoute 1,5 à 2,5 kg, le wishbone 2 à 3 kg. C’est ce total, et non la seule surface, qui détermine la fatigue au bout de deux heures.

L’ennemi de la voile n’est ni le vent ni le sel, c’est l’ultraviolet. Un gréement laissé monté sur la plage entre deux sessions vieillit plus vite qu’un gréement utilisé. Rincez à l’eau douce, séchez avant de rouler, et ne stockez jamais une voile humide dans sa housse. Les monofilms se fragilisent en quelques saisons d’exposition, et une voile qui claque au premier coup de vent ne se répare pas.

Le reste du gréement est détaillé dans les équipements nécessaires à la pratique, et l’entretien dans réparer et entretenir son équipement. Pour savoir quelle surface sortir un jour donné, voir les outils météo et comment les lire.

Questions fréquentes


Quelle taille de voile de windsurf choisir selon le vent ?

Pour un pratiquant de 75 kg : 7,5 à 8,5 m² entre 10 et 14 nœuds, 6,5 à 7,0 m² entre 14 et 18, 5,5 à 6,0 m² entre 18 et 22, 4,7 à 5,2 m² entre 22 et 28, et 4,0 à 4,5 m² au-delà. Comptez environ 0,5 m² d’ajustement par tranche de dix kilos d’écart.


Quel est le poids d'une voile de windsurf ?

Entre 3 et 6 kg selon la surface et la construction. Une 5,0 de freeride pèse environ 3,5 kg, une 8,0 à cambers dépasse 5,5 kg. Il faut y ajouter 1,5 à 2,5 kg de mât et 2 à 3 kg de wishbone : c’est ce total qui détermine la fatigue en fin de session.


Combien de voiles faut-il pour couvrir une saison ?

Deux suffisent longtemps, espacées d’environ 1,5 m². Pour 75 kg, une 6,5 et une 5,0 couvrent de douze à vingt-huit nœuds. La troisième voile n’apporte du confort qu’à partir de trente sessions par an.


Qu'est-ce qu'un camber sur une voile de windsurf ?

Une pièce plastique qui plaque le fourreau contre le mât et stabilise le profil de la voile. Les cambers améliorent la tenue à haute vitesse et la stabilité dans les rafales, au prix d’un poids supérieur, d’un gréage plus long et d’une voile nettement plus difficile à relever depuis l’eau.


Quelle différence entre un mât RDM et un mât SDM ?

Le RDM a un diamètre réduit : plus solide, plus léger, retenu sur les petites surfaces et les voiles de vague. Le SDM est le diamètre standard, plus rigide, utilisé sur les grandes surfaces et les voiles à cambers. Ils ne sont pas interchangeables sans adaptateur.


Quelle voile pour débuter en planche à voile ?

De 3,5 à 5,0 m², quel que soit le vent. À ce stade la voile sert à comprendre l’équilibre et le rapport au vent, pas à générer de la puissance. Une voile d’initiation, légère et sans camber, se relève depuis l’eau bien plus facilement.