Le contresens le plus répandu en surf tient en une phrase : on ne choisit pas une planche à sa taille, on la choisit à son volume. Un pratiquant d’un mètre quatre-vingts qui achète une planche longue parce qu’il est grand se trompe de critère, et se retrouve avec une planche qui ne le porte pas.
Voici le raisonnement dans le bon ordre, et pourquoi la première planche ne devrait jamais être achetée neuve.
Le volume, seul chiffre qui compte au départ
Le volume, exprimé en litres, mesure la flottabilité. Il est indiqué sur toutes les planches modernes, et c’est la seule donnée qui permette de comparer deux modèles de formes différentes.
La règle de départ est arithmétique : pour un débutant, visez un volume en litres au moins égal à votre poids en kilos, et volontiers cent vingt à cent trente pour cent de ce poids. Un pratiquant de soixante-quinze kilos cherchera donc entre soixante-quinze et quatre-vingt-quinze litres.
Ce volume fait trois choses, et elles sont toutes décisives au début. Il permet de tenir assis sur la planche sans se battre. Il fait avancer à la rame avec peu d’effort, ce qui compte quand la rame est la compétence à travailler. Et il pardonne un placement approximatif au moment du take off.
À l’inverse, un pratiquant confirmé de ce même poids surfe couramment sur vingt-cinq à trente-cinq litres. L’écart entre les deux est du simple au triple, et c’est cet écart que les débutants sous-estiment en achetant trop court.
Les cinq familles, et à quoi chacune sert
- La planche en mousse, de sept à huit pieds et demi. Volumineuse, indestructible, sans danger pour soi ni pour les autres. C’est la planche de la première année, et souvent des deux premières.
- Le malibu ou funboard, de sept à huit pieds, en construction dure. La transition naturelle après la mousse : encore volumineux, mais plus vif et plus précis.
- Le longboard, à partir de neuf pieds. Il ne sert pas à débuter mais à surfer autrement : ramer très facilement, prendre des vagues molles que rien d’autre ne prend, et marcher sur la planche. C’est une discipline en soi, pas une étape.
- Le shortboard, de cinq pieds huit à six pieds quatre. Conçu pour des vagues creuses et un surfeur qui rame vite et se lève sans hésiter. Impraticable avant plusieurs années.
- Le fish, court mais large et épais. C’est la planche des vagues molles pour pratiquant confirmé : elle donne du volume sans la longueur, et elle est souvent la deuxième planche la plus utile après la mousse.
Le vrai critère oublié : vos vagues
Une planche se choisit en fonction du plan d’eau où vous surfez quatre-vingt-dix pour cent du temps, pas de celui dont vous rêvez.
Sur un beach break mou, typique de la plupart des plages françaises hors des jours de houle, le volume et la surface priment : la planche doit démarrer tôt et pardonner. Sur une vague creuse et rapide, c’est l’inverse : il faut une planche qui accepte d’être mise sur la tranche et qui ne décroche pas.
Un pratiquant qui surfe surtout des vagues d’un mètre a plus à gagner avec une planche large et épaisse qu’avec un modèle de performance, quel que soit son niveau. Le choix du spot vient d’ailleurs avant celui du matériel, comme le montrent les spots adaptés aux débutants.
Les ailerons, en trois configurations
Le nombre d’ailerons change le comportement autant que la forme de la planche, et il se modifie sans rien acheter d’autre sur la plupart des modèles.
Trois ailerons, la configuration thruster, est la plus polyvalente : de l’accroche en virage et de la tenue dans la pente. C’est le réglage par défaut, et il convient dans la quasi-totalité des cas.
Deux ailerons, le twin, glisse davantage et accroche moins. La planche devient plus vive et plus joueuse dans les vagues molles, moins sûre dans le creux.
Un aileron équipe les longboards et impose un pilotage par le placement du corps plutôt que par les appuis.
Pourquoi la première planche ne s’achète pas neuve
Trois raisons, et aucune n’est financière au premier abord.
La première planche prend des coups, et il vaut mieux que ce soit une planche dont l’état importe peu. Réparer fait partie de l’apprentissage, mais autant commencer sur un support tolérant, et la méthode est dans comment réparer sa planche de surf.
Ensuite, le besoin change vite. La planche qui convient au troisième mois ne convient plus au dixième, et une planche neuve achetée trop tôt est revendue à perte.
Enfin, on ne sait pas encore ce qu’on aime. Le choix entre une planche qui glisse et une planche qui accroche est une préférence, pas une performance, et elle ne se découvre qu’en essayant.
La séquence qui fonctionne : louer, puis acheter une mousse d’occasion, puis passer à une planche dure d’occasion, et n’acheter neuf que pour la quatrième, quand on sait précisément ce qu’on veut.
La réserve
Le marché pousse au sur-équipement, et le vocabulaire technique donne l’impression que le choix est complexe. Il ne l’est pas : pour quatre-vingt-dix pour cent des pratiquants, la bonne planche est plus grosse que celle qu’ils convoitent, et c’est tout.
Deuxième réserve : les conseils en boutique sont donnés de bonne foi mais dans un contexte de vente, et ils poussent statistiquement vers des planches plus petites et plus chères que nécessaire. Le seul contre-pouvoir est d’essayer, en louant, avant d’acheter.
Enfin, la planche n’est pas ce qui limite un débutant. La rame, la lecture de vague et le timing du take off comptent bien davantage, et une planche adaptée ne fait que rendre leur apprentissage possible. Le reste de l’équipement suit la même logique, à commencer par l’épaisseur de combinaison, qu’il vaut mieux choisir un cran plus chaud au début.
Questions fréquentes
Quelle planche choisir pour le surf ?
Une planche dont le volume en litres est au moins égal à votre poids en kilos, et volontiers cent vingt à cent trente pour cent de ce poids si vous débutez. Un pratiquant de soixante-quinze kilos cherchera donc entre soixante-quinze et quatre-vingt-quinze litres, quand un confirmé du même poids surfera sur vingt-cinq à trente-cinq litres. On ne choisit pas une planche à sa taille mais à son volume : c’est le contresens le plus répandu.
Quels sont les types de planches de surf ?
Cinq familles. La planche en mousse, de sept à huit pieds et demi, volumineuse et sans danger, pour la première année. Le malibu ou funboard, de sept à huit pieds en construction dure, transition naturelle après la mousse. Le longboard, à partir de neuf pieds, qui n’est pas une étape mais une discipline en soi. Le shortboard, de cinq pieds huit à six pieds quatre, pour vagues creuses et pratiquants confirmés. Et le fish, court mais large et épais, excellent dans les vagues molles.
Quelles sont les différentes tailles de planches de surf ?
Elles vont d’environ cinq pieds huit pour un shortboard de performance à plus de neuf pieds pour un longboard, mais la taille est un mauvais critère isolé : c’est le volume qui décide de la flottabilité, et deux planches de même longueur peuvent différer du simple au double. Regardez le litrage annoncé, indiqué sur toutes les planches modernes, et comparez-le à votre poids plutôt qu’à votre taille.
Qu'est-ce qu'un longboard de surf ?
Une planche de neuf pieds ou plus, qui permet de ramer très facilement, de prendre des vagues molles que rien d’autre ne prend, et de se déplacer en marchant sur la planche. Ce n’est pas une planche de débutant malgré son volume : le pilotage se fait par le placement du corps et par un aileron unique, ce qui demande une lecture de vague et un sens de l’équilibre différents de ceux du surf classique. C’est une discipline à part entière.
Faut-il acheter sa première planche de surf neuve ?
Non, pour trois raisons. Elle prendra des coups, et mieux vaut que ce soit un support dont l’état importe peu. Le besoin change vite, et une planche achetée trop tôt se revend à perte. Et l’on ne sait pas encore ce que l’on aime, le choix entre une planche qui glisse et une planche qui accroche étant une préférence, pas une performance. La séquence qui fonctionne : louer, puis une mousse d’occasion, puis une planche dure d’occasion.