Surf

Débuter le surf : ramer, choisir sa vague, réussir son take off

Un débutant se redresse sur une planche en mousse dans l'écume, un moniteur à côté de lui dans l'eau

La première session de surf ne ressemble presque jamais à ce qu’on avait en tête. On imagine se lever sur une vague, on passe deux heures à ramer, à boire la tasse et à rater le moment. C’est normal, et ce n’est pas un problème de motivation : c’est que le surf demande trois compétences distinctes, qui s’acquièrent l’une après l’autre.

Ramer. Choisir la vague. Se lever. Presque tous les débutants travaillent la troisième en négligeant les deux premières, et c’est exactement pour cela qu’ils ne se lèvent pas.

Ce qu’il faut attendre des premières séances

Se lever dans la mousse, c’est-à-dire dans la vague déjà déferlée, arrive souvent dès la première ou la deuxième séance quand un moniteur pousse la planche. Cela ne veut pas dire qu’on surfe : la planche est lancée, il reste à se mettre debout.

Prendre une vague verte, non déferlée, en se lançant seul, demande en général plusieurs dizaines de séances. L’écart entre les deux est immense et c’est là que la plupart des gens abandonnent, en croyant stagner alors qu’ils ont simplement changé d’exercice.

Il n’y a pas d’âge limite. Ce qui change avec l’âge n’est pas la capacité à se lever mais l’endurance de rame et la récupération entre les séances. Un débutant de cinquante ans qui surfe une heure trente deux fois par semaine progresse plus vite qu’un débutant de vingt-cinq ans qui fait trois heures d’affilée tous les deux mois.

Ramer, la compétence qu’on néglige

Un surfeur passe environ quatre-vingts pour cent de son temps à l’eau allongé sur sa planche. C’est la rame qui décide de tout le reste : si vous n’êtes pas placé au bon endroit à la bonne vitesse, aucune technique de take off ne rattrape le retard.

Trois réglages suffisent à la rendre efficace.

  • Le placement sur la planche. Trop en arrière, le nez se lève et la planche laboure. Trop en avant, il plonge. Le bon point est celui où le nez affleure la surface, quelques centimètres au-dessus de l’eau. Repérez-le une fois, puis retrouvez-le à chaque fois.
  • Le buste relevé, appuyé sur le sternum, jambes serrées, pieds hors de l’eau. Les jambes écartées freinent plus qu’elles ne stabilisent.
  • Le bras entier, la main entrant loin devant et ressortant à hauteur de hanche. Une rame courte et rapide fatigue sans avancer.

C’est aussi la partie physique la plus exigeante, et celle qui se travaille à terre : la préparation physique du surfeur est d’abord une affaire de dos et d’épaules.

Le take off, geste par geste

Le take off est le passage de la position allongée à la position debout, au moment où la vague prend la planche. Il dure moins d’une seconde et se joue en trois temps.

  1. Ramer jusqu’à sentir la planche partir. C’est le point que tout le monde manque : on arrête de ramer trop tôt, la vague passe dessous. Deux ou trois rames de plus après avoir senti l’accélération.
  2. Poser les mains à plat sous les épaules, pas devant, et pousser le buste comme pour une pompe. Les mains ne touchent jamais les rails : on ne s’agrippe pas aux bords, on pousse sur le pont.
  3. Passer les pieds en un seul mouvement, sous le bassin, sans étape intermédiaire à genoux. Le genou posé est l’erreur la plus fréquente et la plus difficile à désapprendre ensuite.

Le regard décide du reste. Un débutant regarde ses pieds, la planche s’arrête ; il regarde le bas de la vague, la planche descend et prend de la vitesse. Regardez loin, vers l’endroit où vous voulez aller.

Une fois debout : pieds écartés à peu près à la largeur des épaules, en travers de la planche, genoux fléchis, poids sur le pied avant. Une position haute et raide fait tomber au premier changement de pente.

Choisir sa vague et son endroit

La zone compte autant que la technique. Un débutant surfe dans la mousse, à l’intérieur, sur un fond de sable, à l’écart des surfeurs confirmés et hors de la zone de baignade surveillée.

Une vague se choisit sur sa forme, pas sur sa taille. Une vague qui déferle progressivement, en s’écroulant sur elle-même le long de son épaule, laisse le temps de se lever. Une vague qui plonge d’un coup, en formant un rouleau, ne le laisse pas : elle envoie le surfeur au fond. La différence tient à la pente du fond marin, et elle est expliquée en détail dans la mécanique des vagues.

Repère simple à l’arrivée sur la plage : regardez l’eau dix minutes avant d’entrer. Vous verrez où les vagues cassent le plus souvent, où passe le courant qui remonte vers le large, et à quel rythme les séries arrivent.

Les règles qui évitent l’accident

Le surf n’a pas de code écrit mais des règles de priorité respectées partout, et les ignorer est la première cause de tension à l’eau comme de blessure.

  • Une vague, un surfeur. Le prioritaire est celui qui est le plus près de l’endroit où la vague commence à casser.
  • Ne jamais partir devant quelqu’un déjà debout, même si la vague semble libre à l’endroit où vous êtes.
  • Ne jamais lâcher sa planche pour passer une vague. Une planche libre, retenue par un leash de deux mètres et demi, arrive sur le surfeur d’à côté. Passez dessous en la tenant, ou en canard une fois que vous savez le faire.
  • Remonter par l’extérieur, en dehors de la zone où les autres surfent, pour ne pas se retrouver face à une vague avec quelqu’un dessus.

Le leash n’est pas un accessoire de confort : c’est le seul lien entre vous et un flotteur, et c’est aussi ce qui empêche la planche de partir vers la plage toute seule.

La planche et la combinaison des débuts

La planche de la première année est en mousse, longue et volumineuse. La règle usuelle veut un volume au moins égal au poids du corps exprimé en litres, souvent davantage : une planche qui flotte porte les erreurs de placement, une planche courte les sanctionne. Le reste des critères est détaillé dans comment choisir sa première planche.

Pour la combinaison, le seul point qui compte au début est de ne pas avoir froid : un débutant bouge moins qu’un surfeur confirmé, reste plus longtemps immobile à attendre, et se refroidit plus vite. Le choix de l’épaisseur selon la température de l’eau se fait donc un cran plus chaud que ce qu’indiquent les tableaux.

La réserve

Le surf est le sport de glisse dont la courbe de progression est la plus décourageante, et il faut le dire avant plutôt qu’après. Un débutant en kitesurf navigue en quelques jours de cours, un débutant en planche à voile tient debout dès la première séance. En surf, la première vraie vague verte se compte souvent en mois.

Deuxième réserve : la qualité des séances dépend d’un facteur que vous ne maîtrisez pas, la houle. Un mauvais mois de conditions arrête une progression sans que rien n’ait été mal fait, et cela n’a rien à voir avec le niveau.

Enfin, apprendre seul est possible mais coûte du temps. Quelques séances encadrées, au début, corrigent en une heure des défauts qui mettraient une saison à se défaire, à commencer par le passage par les genoux.

Questions fréquentes


Est-ce difficile d'apprendre le surf ?

Plus que les autres sports de glisse, oui, et l’écart est net. Se lever dans la mousse arrive souvent dès la première ou la deuxième séance encadrée, mais prendre seul une vague verte demande en général plusieurs dizaines de séances. La difficulté ne vient pas du geste de take off, qui s’apprend vite, mais de la lecture de la vague et du placement, qui ne s’acquièrent qu’à l’eau.


Est-il possible d'apprendre le surf seul ?

C’est possible, mais plus lent. L’autodidacte installe des défauts difficiles à défaire, au premier rang desquels le passage par les genoux pendant le take off, que quelques séances encadrées corrigent en une heure. Si vous apprenez seul, choisissez une plage à fond de sable, restez dans la mousse et à l’écart des autres surfeurs, et travaillez la rame autant que le lever.


C'est quoi un take-off en surf ?

C’est le passage de la position allongée à la position debout, au moment où la vague prend la planche. Il dure moins d’une seconde et tient en trois temps : ramer deux ou trois fois de plus après avoir senti la planche accélérer, poser les mains à plat sous les épaules et pousser le buste, puis passer les pieds sous le bassin en un seul mouvement, sans étape à genoux.


Comment améliorer son take-off ?

En corrigeant trois points, dans cet ordre. Ramer plus longtemps : le take off raté vient neuf fois sur dix d’une rame arrêtée trop tôt. Supprimer l’appui des genoux, qui coûte le temps que la vague ne donne pas. Et regarder loin, vers le bas de la vague : le regard sur les pieds arrête la planche.


Comment bien débuter le surf ?

Par la mousse, sur un fond de sable, avec une planche en mousse d’un volume au moins égal au poids du corps en litres, et hors de la zone de baignade surveillée. Consacrez les premières séances à la rame et au placement plutôt qu’au lever, et prévoyez une combinaison un cran plus chaude que ce qu’indiquent les tableaux : un débutant attend beaucoup et se refroidit vite.