Deux mots qui se ressemblent, deux sports qui ne se pratiquent pas de la même façon. La confusion est si répandue que Google affiche la question en tête de ses résultats, et les réponses disponibles tiennent souvent en trois lignes. Voici la distinction, puis ce qu’elle change concrètement quand il s’agit de choisir.
La phrase à retenir : le windfoil, c’est une planche à voile qui vole ; le wingfoil, c’est une aile tenue à la main au-dessus d’une planche qui vole. Dans les deux cas il y a un foil sous la coque. Ce qui change, c’est la façon dont le vent arrive jusqu’à vous.
Qu’est-ce que le windfoil
Un gréement de planche à voile complet, mât, voile et wishbone, monté sur un pied de mât articulé, sur une planche équipée d’un foil. Le pratiquant tient le wishbone, les pieds souvent dans des straps. Tout est solidaire : la voile transmet sa puissance à la planche par le pied de mât, exactement comme en planche à voile classique.
La conséquence est directe. Le windfoil se pratique presque toujours par des gens qui viennent du windsurf, parce que la gestuelle, le vocabulaire et le réglage y sont identiques. Ce qui change, c’est que le foil fait décoller la planche dans un vent où elle ne planchait pas, ce qui rallonge considérablement la saison utilisable.
Qu’est-ce que le wingfoil
Une aile gonflable tenue à la main, reliée au pratiquant par un simple leash et à rien d’autre. Aucun mât, aucune liaison avec la planche. On tient l’aile, on la borde, on la choque, et à la limite on la lâche : elle reste au vent et flotte.
Cette indépendance entre l’aile et la planche est le trait qui définit le sport. Elle rend le matériel plus simple à porter, plus tolérant en cas de chute, et elle ouvre la discipline à des pratiquants sans passé nautique, ce qui n’est pas le cas du windfoil. C’est aussi ce qui rend le wingfoil praticable en vagues, où l’on peut relâcher la puissance à la demande.
Ce qui les sépare vraiment
Une fois la définition posée, six différences comptent au moment de choisir.
Le prérequis. Le windfoil suppose de savoir déjà naviguer en planche à voile. Débuter directement au windfoil est possible mais long, parce qu’il faut apprendre le gréement et le vol en même temps. Le wingfoil s’attaque sans rien, y compris à quarante ou cinquante ans, ce qui explique une bonne partie de sa croissance.
Le vent minimum. Avantage net au windfoil. Une grande voile capte de la puissance dans un souffle où une aile de wing reste molle. Le windfoil décolle dans très peu de vent, le wingfoil demande une dizaine de nœuds pour un débutant.
Le transport. Avantage net au wingfoil. Une aile dégonflée tient dans un sac à dos ; un gréement de windfoil, c’est un mât, une bôme, une voile et des rallonges. Sur une pratique urbaine ou en voyage, la différence est décisive.
La vitesse et le cap. Avantage au windfoil. La voile est plus efficace pour remonter au vent et pour tenir de la vitesse sur un parcours. C’est d’ailleurs pour cela que le windfoil est resté la discipline de régate, jusqu’à l’olympisme.
Les vagues et le downwind. Avantage au wingfoil. Pouvoir dépuissancer instantanément en lâchant l’aile change tout dans le déferlement, et le matériel léger se prête au surf de vagues comme au downwind.
La chute. Le wingfoil pardonne davantage : l’aile part au vent, la planche reste au leash, on remonte. En windfoil, une chute laisse un gréement dans l’eau qu’il faut ramasser, et un mât n’est pas commode à gérer avec un foil sous la planche.
Lequel apprendre en premier
La réponse dépend uniquement d’où vous venez.
Vous naviguez déjà en planche à voile. Passez au windfoil. Vous gardez votre gréement, vous changez de planche et vous ajoutez un foil, et l’essentiel de votre acquis se transfère. Beaucoup de windsurfeurs font ensuite le pas vers le wingfoil par curiosité, pour les raisons détaillées dans pourquoi le wingfoil séduit windsurfeurs et kitesurfeurs.
Vous ne venez de nulle part. Wingfoil, sans hésiter. Le matériel est plus simple, la marche d’entrée plus basse, l’écosystème de cours plus dense. Le déroulé est dans le guide du débutant en wingfoil.
Vous venez du kitesurf. Wingfoil également, mais pour une autre raison : vous savez déjà lire une fenêtre de vol et gérer une traction, et il vous restera essentiellement le foil à apprivoiser. La comparaison entre les deux est traitée dans wingfoil ou kitesurf.
Peut-on partager le matériel
Partiellement, et c’est une bonne nouvelle pour qui veut essayer les deux.
Le foil se partage souvent : les boîtiers sont largement standardisés, et une même colonne accepte des ailes avant différentes. En pratique, un foil de windfoil orienté vitesse aura une aile avant plus allongée, un foil de wingfoil une aile plus portante à basse vitesse, mais les mâts et fuselages passent d’un usage à l’autre.
Les planches, beaucoup moins. Une planche de windfoil est plus longue et plus volumineuse, avec un rail pour régler le pied de mât. Une planche de wingfoil est courte, avec juste ce qu’il faut de volume pour flotter à l’arrêt. Certaines planches dites convertibles acceptent les deux, au prix d’un compromis sur les deux tableaux.
Quel que soit le choix, l’équipement de protection est le même et il n’est pas optionnel : un foil reste une lame. Voir casque et gilet d’impact. Pour les plans d’eau adaptés au vol, voir où faire du wingfoil en France, dont les critères de profondeur valent exactement de la même façon en windfoil.
Questions fréquentes
Le windfoil, est-ce de la planche à voile avec un foil ?
Le windfoil est de la planche à voile pratiquée sur une planche équipée d’un foil. Le gréement, mât, voile et wishbone, est identique à celui du windsurf et reste solidaire de la planche par le pied de mât. Le foil permet de décoller et de naviguer dans un vent où la planche ne plancherait pas.
Quelle est la différence entre le windfoil et le wingfoil ?
En windfoil, la voile est reliée à la planche par un mât et un pied de mât. En wingfoil, l’aile est tenue à la main et n’est reliée à rien d’autre qu’un leash au poignet. Cette indépendance rend le wingfoil plus simple à transporter, plus tolérant à la chute et accessible sans passé en planche à voile.
Le windfoil ou le wingfoil décolle dans le moins de vent ?
Le windfoil. Une voile de plusieurs mètres carrés capte de la puissance dans un souffle où une aile de wing reste molle. C’est le principal argument du windfoil pour les navigateurs de vent faible.
Le foil est-il plus difficile que la planche à voile ?
Les premières heures le sont, parce que le vol se pilote aux appuis et qu’il est instable vers le haut comme vers le bas. Passé ce cap, le foil demande moins de vent et moins d’effort que la planche à voile classique, et beaucoup de pratiquants ne reviennent pas en arrière.
Peut-on utiliser le même foil en windfoil et en wingfoil ?
Souvent oui pour le mât et le fuselage, les boîtiers étant largement standardisés. Les ailes avant diffèrent : plus allongée en windfoil orienté vitesse, plus portante à basse vitesse en wingfoil. Les planches, en revanche, ne se partagent pas facilement.
Quel foil choisir pour débuter ?
Une aile avant de grande surface, autour de 1 500 à 2 000 cm², et un mât plutôt court, 70 à 75 cm. La grande surface fait décoller tôt et à basse vitesse, le mât court limite la hauteur de chute et rend le vol moins nerveux. On passe à plus petit et plus long une fois le vol stabilisé.