« Qui est le surfeur le plus connu » n’a pas de réponse unique, parce que la notoriété en surf se gagne de trois façons différentes : un palmarès, une vague, ou une histoire. Kelly Slater coche la première, Laird Hamilton la deuxième, Bethany Hamilton la troisième. Aucun n’est plus légitime que les autres.
Voici les noms qui comptent, avec ce qui les a rendus célèbres et les chiffres qui le prouvent.
Duke Kahanamoku, celui par qui le surf est sorti d’Hawaï
Né à Honolulu en 1890, mort en 1968. Il est d’abord un nageur : médaille d’or du 100 mètres nage libre aux Jeux de Stockholm en 1912, or à nouveau à Anvers en 1920, argent à Paris en 1924.
Sa célébrité de nageur lui ouvre les portes, et il s’en sert pour montrer une planche partout où il passe. Ses démonstrations en Australie et en Californie dans les années 1910 et 1920 sont l’acte de naissance du surf hors du Pacifique. Sans lui, la discipline serait probablement restée hawaïenne une génération de plus.
Kelly Slater, le palmarès que personne n’approchera
Onze titres de champion du monde : 1992, puis cinq d’affilée de 1994 à 1998, puis 2005, 2006, 2008, 2010 et 2011.
Deux chiffres résument l’anomalie. Il devient le plus jeune champion du monde de l’histoire à 20 ans en 1992, et le plus âgé à 39 ans en 2011. Dix-neuf ans séparent son premier titre du dernier, dans un sport où une carrière au plus haut niveau en dure sept ou huit.
Le deuxième au classement de tous les temps compte quatre titres. L’écart n’est pas un écart de génération, c’est un écart de catégorie.
Les femmes qui ont tenu le circuit
Le palmarès féminin est plus dense que le masculin, et beaucoup moins raconté.
Layne Beachley, Australienne née en 1972 : sept titres mondiaux, dont six consécutifs de 1998 à 2003, plus un dernier en 2006. La série de six d’affilée n’a jamais été égalée, hommes et femmes confondus.
Stephanie Gilmore, Australienne née en 1988 : huit titres, de 2007 à 2022. Elle gagne le premier à 19 ans, lors de sa saison de rookie, ce qu’aucune surfeuse n’avait fait.
Carissa Moore, Hawaïenne née en 1992 : cinq titres mondiaux, et surtout la première championne olympique de l’histoire du surf, à Tokyo en 2021.
Les Français, et un titre olympique
C’est la partie que les listes internationales oublient, et elle est loin d’être anecdotique.
Kauli Vaast, né en Polynésie française en 2002, remporte le titre olympique masculin aux Jeux de Paris 2024, disputés à Teahupo’o. Il gagne chez lui, sur la vague sur laquelle il a grandi : c’est le premier titre olympique français en surf, et l’un des rares cas d’un champion olympique sacré sur son spot d’entraînement.
Jérémy Florès, né à La Réunion en 1988, est le premier Français à s’installer durablement sur le circuit mondial. Sa victoire au Pipeline Masters en 2010, sur la vague la plus exigeante du calendrier, reste le résultat de référence du surf français masculin.
Justine Dupont, née en 1991, est la figure française des grosses vagues. Elle surfe Nazaré et Belharra, sur des vagues qui se comptent en dizaines de mètres, dans une discipline où les femmes étaient absentes des classements il y a quinze ans.
Ceux qui sont connus pour une vague
Le surf de grosses vagues fabrique une notoriété différente, indexée sur un seul jour.
Laird Hamilton, né en 1964, invente avec quelques autres le tow-in, la mise à l’eau tractée par jet-ski, seule méthode permettant d’attraper des vagues trop rapides pour être ramées. Sa session à Teahupo’o en août 2000, sur une vague d’une épaisseur inédite, est restée sous le nom de Millennium Wave et a redéfini ce qui était surfable.
Garrett McNamara fait connaître Nazaré au monde entier au début des années 2010. Le spot portugais, qui doit ses vagues à un canyon sous-marin de plusieurs kilomètres de profondeur, est devenu depuis le terrain de jeu de tous les records de hauteur.
Ceux dont on retient l’histoire
Bethany Hamilton perd son bras gauche en octobre 2003, à 13 ans, lors d’une attaque de requin tigre à Kauai. Elle retourne à l’eau moins d’un mois plus tard et revient à la compétition. Son nom est aujourd’hui plus connu que celui de la plupart des championnes du monde.
Mick Fanning, triple champion du monde australien, est surtout connu pour dix secondes de télévision : en finale du J-Bay Open en juillet 2015, un requin blanc le percute en direct, il se dégage à coups de poing et rejoint le bord. La séquence a été vue plusieurs centaines de millions de fois.
C’est l’illustration la plus nette de ce que dit cet article : la notoriété et le niveau ne sont pas la même grandeur.
La réserve
Une liste de ce type a deux angles morts qu’il faut assumer.
Elle privilégie la compétition, parce que c’est ce qui se mesure. Des surfeurs qui ont davantage marqué la pratique que le classement n’y figurent pas : les shapers, les surfeurs de style des années 1970, ceux qui ont ouvert des spots sans jamais courir. Leur influence est réelle et invisible dans les palmarès.
Elle est aussi datée. Le classement mondial change chaque saison, et le « numéro 1 mondial » d’aujourd’hui ne sera pas celui de l’an prochain. Les noms de cette page ont été retenus parce que leur trace ne dépend plus du classement en cours.
Pour le contexte culturel, voir les marques emblématiques du surf et leur histoire. Pour les spots où ces noms ont écrit leur histoire, les meilleurs spots pour débuter décrit des plages nettement plus accessibles.
Questions fréquentes
Qui est le surfeur le plus connu ?
Kelly Slater, sur le palmarès : onze titres de champion du monde entre 1992 et 2011, quand le deuxième de tous les temps en compte quatre. Duke Kahanamoku reste toutefois le nom le plus important historiquement, puisque c’est lui qui a fait sortir le surf d’Hawaï dans les années 1910.
Qui sont les légendes du surf ?
Duke Kahanamoku pour la diffusion du surf hors d’Hawaï, Kelly Slater pour le palmarès, Layne Beachley et Stephanie Gilmore pour la domination du circuit féminin avec sept et huit titres, Laird Hamilton pour l’invention du surf tracté, et Bethany Hamilton et Mick Fanning pour deux histoires qui ont dépassé le sport.
Qui sont les champions du monde de surf ?
Le titre se joue sur le circuit mondial, dont le classement change chaque saison. Les palmarès qui ne bougent plus : Kelly Slater onze titres, Stephanie Gilmore huit, Layne Beachley sept, Carissa Moore cinq, Mick Fanning et Gabriel Medina trois chacun.
Y a-t-il des surfeurs français connus ?
Oui. Kauli Vaast est champion olympique 2024, sacré à Teahupo’o, en Polynésie française. Jérémy Florès a été le premier Français installé durablement sur le circuit mondial et a gagné le Pipeline Masters en 2010. Justine Dupont est l’une des références mondiales du surf de grosses vagues, à Nazaré et Belharra.
Qui a été le premier champion olympique de surf ?
Le surf entre aux Jeux à Tokyo, compétition disputée en 2021 sur la plage de Tsurigasaki. Italo Ferreira remporte le titre masculin et Carissa Moore le titre féminin. Aux Jeux de Paris 2024, disputés à Teahupo’o, le titre masculin revient au Français Kauli Vaast et le titre féminin à l’Américaine Caroline Marks.
Quelle est la vague la plus célèbre du surf ?
Trois se partagent le titre pour des raisons différentes. Pipeline, à Hawaï, pour son rôle dans le calendrier de compétition. Teahupo’o, en Polynésie française, pour son épaisseur et sa dangerosité, devenue site olympique en 2024. Nazaré, au Portugal, pour ses records de hauteur, qu’elle doit à un canyon sous-marin qui concentre la houle.