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Les femmes dans le surf : les palmarès, et la parité obtenue en 2019

Photo Surfer woman

Le surf féminin de compétition a produit le palmarès le plus impressionnant de la discipline, hommes et femmes confondus, et il a fallu attendre 2019 pour que les primes soient identiques. Ces deux faits résument le sujet mieux que n’importe quel discours.

Voici les carrières qui comptent, ce qui a changé, et ce qui n’a pas bougé.

Les palmarès que personne ne conteste

Stephanie Gilmore, australienne, détient le record de titres mondiaux de la discipline avec huit couronnes, obtenues sur une carrière étalée sur près de deux décennies. Aucun surfeur, homme ou femme, n’a fait mieux sur le circuit moderne.

Layne Beachley, australienne elle aussi, l’a précédée avec sept titres, dont six consécutifs. C’est le genre de série qui n’existe presque pas dans les sports jugés, où la subjectivité de la notation empêche normalement une domination aussi longue.

Carissa Moore, hawaïenne, cumule plusieurs titres mondiaux et surtout le premier titre olympique féminin de l’histoire du surf, la discipline ayant fait son entrée aux Jeux de Tokyo. Son parcours illustre un basculement : elle appartient à la première génération de surfeuses professionnelles dès l’adolescence.

Il faut y ajouter une trajectoire d’un autre ordre, celle de Bethany Hamilton, revenue à la compétition après avoir perdu un bras dans une attaque de requin à treize ans, et dont l’influence dépasse largement le résultat sportif.

Les Françaises

Justine Dupont est aujourd’hui la figure française la plus visible, et elle s’est imposée sur le terrain le plus difficile d’accès pour une femme : les grosses vagues, à Nazaré notamment. C’est une spécialisation qui suppose une équipe, du matériel de sécurité et des partenaires, tout ce qui a longtemps été refusé aux surfeuses.

Pauline Ado est la première Française à s’être installée durablement au plus haut niveau international, plusieurs fois titrée en Europe. Elle a ouvert une voie qui n’existait pas.

Johanne Defay, réunionnaise, a longtemps représenté la France sur le circuit mondial et aux Jeux, avec un profil de compétitrice de vagues puissantes.

Ces trois trajectoires ont un point commun rarement relevé : elles se sont construites sans filière structurée, chacune ayant dû inventer son parcours. C’est ce qui les distingue de la génération suivante, et c’est aussi ce que l’on retrouve du côté du windsurf féminin.

La parité des primes, obtenue en 2019

C’est la date à retenir. Jusqu’à la fin des années deux mille dix, les surfeuses recevaient des dotations inférieures à celles des hommes sur les mêmes épreuves, pour le même format de compétition et souvent sur les mêmes vagues.

Le circuit mondial a instauré l’égalité des primes à partir de la saison 2019, ce qui a fait du surf l’un des premiers sports professionnels à franchir ce pas de façon générale.

Ce que cela n’a pas réglé, en revanche, est plus important que ce que cela a réglé. Les primes ne représentent qu’une part minoritaire des revenus d’un athlète professionnel : l’essentiel vient des contrats de sponsoring, qui suivent la couverture médiatique, laquelle reste très déséquilibrée. L’égalité obtenue est réelle et symbolique à la fois, et elle laisse intact le mécanisme économique.

Les vagues lourdes, la vraie frontière

C’est le terrain où l’écart a le plus tardé à se combler, et pour une raison qui n’a rien de physiologique.

Pendant des décennies, les épreuves sur les spots les plus engagés se sont tenues sur invitation, et les invitations n’allaient pas aux femmes. L’argument avancé était la sécurité ; l’effet était l’absence d’expérience, qui justifiait à son tour l’absence d’invitation.

Le déblocage est récent et il est venu par le hors-compétition : des surfeuses ont surfé ces vagues d’elles-mêmes, avec leurs propres équipes, jusqu’à ce que leur exclusion des épreuves devienne intenable. Les spots concernés sont ceux dont la puissance impose une organisation entière, et c’est cette organisation, non la vague, qui était le verrou.

Ce qui bloque encore, et ce qui ne bloque pas

Trois écarts persistent, et ils se renforcent mutuellement : la couverture médiatique, plus faible à format égal ; le sponsoring, qui en dépend ; et la profondeur des flottes en compétition, moins fournies, ce qui réduit la densité et donc l’intérêt supposé.

En revanche, un obstacle qui existe ailleurs n’existe pas ici : le matériel. Une planche de surf se décline par volume et par longueur, et il n’y a rien à adapter au-delà du gabarit, contrairement à un gréement de planche à voile dont le poids et les cotes ont longtemps été calibrés sur un morphotype masculin. Les critères de choix sont les mêmes pour tout le monde, comme le détaille le choix d’une première planche.

La réserve

Le récit du surf féminin est presque toujours écrit comme un récit de conquête, avec des dates et des premières fois. C’est commode et partiellement faux : des femmes surfaient à Hawaï bien avant que la compétition n’existe, et l’histoire de leur mise à l’écart est celle d’une industrie, pas celle du sport.

Deuxième réserve : la focalisation sur une poignée de compétitrices masque la question qui compte davantage, celle de la pratique ordinaire. Le nombre de femmes à l’eau un mardi matin sur une plage française en dit plus sur l’état réel du sport que n’importe quel palmarès, et il ne se mesure nulle part.

Enfin, la comparaison permanente avec le circuit masculin est en soi un problème. Elle impose une grille de lecture, celle du classement et du titre, alors que les trajectoires les plus intéressantes de ces dernières années, du côté des grosses vagues comme du surf de voyage, se sont construites en dehors de la compétition, et l’on retrouve la même chose chez les surfeurs les plus connus.

Questions fréquentes


Qui est la meilleure surfeuse du monde ?

Sur le palmarès, l’Australienne Stephanie Gilmore, qui détient le record de titres mondiaux de la discipline avec huit couronnes obtenues sur près de deux décennies : aucun surfeur, homme ou femme, n’a fait mieux sur le circuit moderne. Layne Beachley l’avait précédée avec sept titres dont six consécutifs, et l’Hawaïenne Carissa Moore cumule plusieurs titres mondiaux et le premier titre olympique féminin de l’histoire du surf.


Qui est la championne de surf française la plus célèbre ?

Justine Dupont est aujourd’hui la plus visible, mais sur un terrain particulier : celui des grosses vagues, à Nazaré notamment, qui suppose une équipe, du matériel de sécurité et des partenaires. Côté compétition classique, Pauline Ado est la première Française à s’être installée durablement au plus haut niveau international, et Johanne Defay a longtemps représenté la France sur le circuit mondial et aux Jeux.


Les surfeuses gagnent-elles autant que les surfeurs ?

Sur les primes de compétition, oui depuis la saison 2019, le circuit mondial ayant instauré l’égalité des dotations, ce qui a fait du surf l’un des premiers sports professionnels à franchir ce pas. Sur les revenus réels, non : les primes ne représentent qu’une part minoritaire des revenus d’un athlète professionnel, l’essentiel venant du sponsoring, qui suit la couverture médiatique et reste très déséquilibré.


Y a-t-il autant de surfeuses que de surfeurs ?

Non, et l’écart se retrouve en compétition, où les flottes féminines sont moins fournies. Trois facteurs se renforcent mutuellement : une couverture médiatique plus faible à format égal, un sponsoring qui en dépend, et une densité de compétitrices moindre. En revanche, un obstacle présent dans d’autres sports de glisse n’existe pas ici : le matériel, une planche de surf se déclinant simplement par volume et par longueur.