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Marques de surf : textile et shapers, deux industries derrière un mot

Une rangée de planches de surf aux décorations variées alignées sur un râtelier en bois devant une boutique de plage

Chercher « marque de surf » ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Une partie des recherches vise des vêtements, l’autre des planches. Ce sont deux industries distinctes, avec des histoires, des tailles et des logiques différentes, et elles se confondent d’autant plus facilement que les premières sont nées des secondes. Cet article traite les deux, en commençant par celle que la plupart des gens cherchent.

Deux industries derrière un même mot

D’un côté, les marques de vêtements et de combinaisons, celles dont les logos habillent des gens qui ne surfent pas. Elles pèsent lourd, se vendent en centre commercial et vivent surtout de la mode. De l’autre, les fabricants de planches, souvent des ateliers de quelques personnes autour d’un shaper, dont le nom ne dépasse jamais le cercle des pratiquants.

Le point commun est l’origine : presque toutes les grandes marques textiles ont commencé par fabriquer du matériel pour surfer. Le glissement vers le vêtement est venu ensuite, parce que la marge y est meilleure et le marché cent fois plus large.

Les marques de vêtements de surf, et d’où elles viennent

O’Neill est la plus ancienne du lot. Jack O’Neill ouvre sa boutique à San Francisco en 1952 et travaille le néoprène pour pouvoir surfer dans une eau glaciale. La marque est née d’un problème technique, pas d’une intention de style.

Quiksilver et Rip Curl naissent la même année, en 1969, et dans la même ville : Torquay, sur la côte australienne du Victoria. Quiksilver commence par un short de bain conçu pour ne pas s’ouvrir dans les vagues, Rip Curl par des planches puis des combinaisons. Billabong suit en 1973 sur la Gold Coast, également avec des shorts.

Roxy apparaît en 1990 comme la ligne féminine de Quiksilver, et devient une marque à part entière. Hurley est plus tardive, fondée en 1999 par Bob Hurley, qui produisait auparavant des planches sous licence Billabong aux États-Unis.

Vans, fondée en 1966 en Californie, occupe une place particulière : la marque vient du skate et non du surf, mais l’appartenance culturelle commune l’a installée dans le même rayon.

Ce que ces dates racontent : la vague fondatrice se situe entre 1969 et 1973, en Australie, et l’essentiel de ce qu’on appelle aujourd’hui le surfwear en découle.

Les années 90, le moment où le surf devient un vêtement

C’est la décennie où ces marques quittent les surf shops pour les galeries marchandes. Les logos grossissent, les coupes s’élargissent, et le vêtement de surf devient un uniforme adolescent chez des gens qui n’ont jamais vu une vague. Une marque de cette période se reconnaît à trois choses : un logo brodé de grande taille, des couleurs saturées, et une coupe ample héritée du board short.

Cette réussite commerciale a un revers, sur lequel il faut être clair : elle a coupé une partie de ces marques de leur usage d’origine. Un t-shirt vendu en centre commercial ne dit rien de la qualité d’une combinaison.

Les fabricants de planches, l’autre moitié du mot

Ici, l’échelle change complètement. Une planche de série sort d’usine, mais l’essentiel de la valeur du métier reste dans le shape, c’est-à-dire le dessin et le façonnage du volume, du rocker et des rails.

Channel Islands, fondée en 1969 en Californie par Al Merrick, est l’exemple le plus connu : c’est l’atelier qui a façonné les planches de Kelly Slater pendant ses titres mondiaux. Le nom du shaper compte alors davantage que celui de la marque.

À côté de ces ateliers, une industrie de la planche en série s’est développée, avec des constructions en mousse et résine plus résistantes et des gammes calibrées par niveau. Les critères qui décident vraiment de l’achat, volume, rocker et type de construction, sont détaillés dans notre guide pour choisir sa première planche de surf, et l’évolution des matériaux dans notre article sur la conception des planches.

Comment lire une marque avant d’acheter

Trois questions suffisent à trier.

Que fabrique-t-elle vraiment ? Beaucoup de marques textiles ne produisent plus aucun matériel technique. D’autres continuent à faire des combinaisons sérieuses. Le catalogue le dit mieux que la publicité.

Qui shape ? Pour une planche, le nom du shaper et l’atelier d’origine sont l’information utile. Une marque sans shaper identifié vend une planche dessinée ailleurs.

Quelle garantie et quel service après-vente ? Sur une combinaison, la couture et la garantie valent plus que le logo. Sur une planche, la possibilité de faire réparer un impact localement compte davantage que la marque, sujet traité dans notre article sur la réparation d’une planche.

Une réserve, et elle est de taille. Sur le vêtement, l’écart de prix entre une grande marque de surf et un équivalent générique s’explique surtout par la notoriété, pas par la technique. Un t-shirt reste un t-shirt. L’argument change pour les combinaisons et les planches, où le savoir-faire est réel et mesurable.

Deuxième point : plusieurs de ces marques appartiennent aujourd’hui à des groupes qui possèdent aussi leurs concurrentes directes. L’indépendance affichée est souvent un héritage de communication plus qu’une réalité capitalistique. Vérifiez à qui appartient la marque si ce critère compte pour vous.

Enfin, la culture surf a produit des figures autant que des logos, et ce ne sont pas les mêmes histoires : nos portraits de surfeurs célèbres racontent l’autre versant, celui des pratiquants.

Questions fréquentes


Quelles sont les marques de vêtements pour le surf ?

Les principales sont Quiksilver et Rip Curl, toutes deux fondées à Torquay en Australie en 1969, Billabong née sur la Gold Coast en 1973, O’Neill créée à San Francisco en 1952, Roxy lancée en 1990 comme ligne féminine de Quiksilver, et Hurley fondée en 1999. Vans, née en 1966, vient du skate mais partage le même rayon.


Quelle est la plus grande marque de surf ?

Cela dépend de ce qu’on mesure. En chiffre d’affaires et en présence en magasin, les marques textiles australiennes et californiennes dominent très largement. En influence sur la pratique, ce sont des ateliers de shape bien plus petits qui comptent, comme Channel Islands, dont les planches ont accompagné les titres mondiaux de Kelly Slater. Les classements publics de chiffre d’affaires étant rarement comparables d’une année sur l’autre, mieux vaut se méfier des palmarès chiffrés.


Quelle est la différence entre une marque de surf et un shaper ?

Une marque de surf vend un catalogue, souvent majoritairement textile, et sous-traite fréquemment la production. Un shaper est un artisan qui dessine et façonne des planches, parfois pour une marque, parfois sous son propre nom. Sur une planche, c’est le nom du shaper qui porte l’information technique, pas celui de la marque.


Comment reconnaître une marque de surf des années 90 ?

À trois signes visuels : un logo brodé de grande taille, des couleurs saturées, et une coupe ample héritée du board short. C’est la décennie où ces marques passent des surf shops aux galeries marchandes et où le vêtement de surf devient un uniforme adolescent, largement porté par des gens qui ne pratiquent pas.