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Bodyboard en eau froide : pourquoi on a plus froid qu’en surf

Photo Bodyboard, cold water

À température d’eau égale, un bodyboardeur a plus froid qu’un surfeur, et pas un peu. La cause n’est ni la combinaison ni la résistance individuelle : c’est la position.

Un surfeur passe l’essentiel de sa session assis sur sa planche, buste hors de l’eau, exposé à l’air. Un bodyboardeur est allongé, immergé jusqu’aux épaules, les mains dans l’eau pour ramer. L’eau évacue la chaleur du corps d’un ordre de grandeur bien supérieur à l’air : le même créneau, le même spot et la même combinaison ne donnent donc pas la même durée de session.

Les quatre points froids du bodyboard

Ils ne sont pas les mêmes qu’en surf, et c’est ce qui rend les conseils généralistes peu utiles.

  • Les mains. Elles rament en permanence, immergées, doigts écartés. Ce sont elles qui lâchent en premier, et une main engourdie ne tient plus les rails de la planche au moment du drop.
  • La tête et les oreilles. Le bodyboardeur passe sous les vagues bien plus souvent qu’un surfeur, en canard et en rinçage. Le froid dans le conduit auditif est aussi ce qui, à long terme, provoque l’exostose évoquée dans les dangers du bodyboard.
  • Les pieds. Ils sont dans des palmes, donc contraints. Une palme trop serrée sur un chausson coupe la circulation et provoque un froid qui n’a rien à voir avec la température de l’eau.
  • Le cou. Chaque passage sous une vague fait entrer un peu d’eau par le col. Ce renouvellement permanent, plus fréquent qu’en surf, annule une partie du travail de la combinaison.

L’équipement, dans l’ordre d’utilité

Contrairement à ce qu’on croit, ce n’est pas l’épaisseur de la combinaison qui décide en premier, mais les extrémités et le col.

Les gants d’abord. C’est l’accessoire le plus rentable en bodyboard, alors qu’il est secondaire en surf. Un compromis existe : les modèles à trois doigts conservent une meilleure préhension que les moufles tout en isolant mieux que les gants classiques.

La cagoule ensuite, ou une combinaison à cagoule intégrée, qui supprime l’entrée d’eau par le cou. C’est le seul équipement qui règle deux problèmes à la fois, la déperdition et le renouvellement d’eau.

Les chaussons, en cohérence avec les palmes. C’est le point qu’on rate systématiquement : un chausson néoprène ajoute plusieurs millimètres, et une palme calibrée pour un pied nu devient trop serrée. Il faut soit des palmes prévues pour, soit une taille au-dessus, et le choix des palmes se refait donc pour l’hiver.

La combinaison en dernier. Son épaisseur se choisit comme pour le surf, en fonction de la température de l’eau, mais avec un cran de marge, et les repères sont détaillés dans l’épaisseur de combinaison selon la température. Le critère réellement discriminant n’est d’ailleurs pas l’épaisseur mais l’étanchéité du col et la qualité des coutures.

Gérer la durée, plutôt que la subir

Le refroidissement en eau froide ne se ressent pas linéairement. On est bien, puis on est très bien, puis on ne l’est plus du tout, et le passage se fait en quelques minutes.

Les signes précèdent toujours l’incident : les mains qui ne serrent plus les rails, la difficulté à articuler, et surtout l’arrêt des frissons, qui est le signe le plus inquiétant et non un signe d’amélioration.

La règle qui fonctionne est de fixer la durée avant d’entrer et de sortir à l’heure prévue, pas au ressenti. Le ressenti est précisément ce que le froid dérègle, et c’est la lucidité nécessaire pour se sortir d’un courant qui part en premier.

Le réchauffement, où l’on se trompe

Le réflexe est la douche brûlante immédiate. C’est la mauvaise réponse.

Après une immersion prolongée, le sang périphérique est refroidi et les vaisseaux des extrémités sont contractés. Une chaleur brutale les dilate d’un coup et renvoie ce sang froid vers le tronc, ce qui fait paradoxalement chuter la température centrale au moment où l’on se croit tiré d’affaire.

La bonne séquence est plus lente : se sécher, se rhabiller avec des vêtements secs en commençant par le haut du corps et la tête, boire chaud et sucré, puis se réchauffer progressivement. La douche vient après, tiède avant d’être chaude.

Prévoyez le change à l’avance, dans un sac fermé. Se rhabiller avec des vêtements humides laissés dans le coffre annule tout le reste.

Ce que l’hiver apporte

Il faut dire pourquoi on y va, sinon rien de ce qui précède n’a de sens.

L’eau est vide. Les spots saturés d’août rendent en janvier des conditions qu’aucun autre moment de l’année ne donne. Et les houles d’hiver sont plus puissantes et plus régulières sur la plupart des côtes européennes, ce qui signifie simplement de meilleures vagues.

S’y ajoute un effet que les pratiquants décrivent tous : la vigilance très nette qui suit une session en eau froide, dont le mécanisme physiologique est réel même si les bénéfices durables qu’on lui prête sont plus incertains, comme le détaillent les bienfaits du bodyboard.

La réserve

L’équipement complet d’hiver représente un budget qui dépasse celui de la planche, et c’est rarement dit. Gants, chaussons, cagoule et combinaison épaisse coûtent ensemble davantage que le matériel de glisse lui-même, pour un usage limité à une partie de l’année.

Deuxième réserve : la session hivernale est courte. Compter sur deux heures d’eau comme en été est irréaliste, et l’organisation, trajet compris, devient disproportionnée par rapport au temps passé à surfer.

Enfin, le froid dégrade le jugement avant de dégrader le corps. C’est la raison pour laquelle les décisions qui comptent, entrer ou non, sortir maintenant ou dans dix minutes, doivent être prises à terre et à l’avance, jamais à l’eau.

Questions fréquentes


Pourquoi a-t-on plus froid en bodyboard qu'en surf ?

À cause de la position. Un surfeur passe l’essentiel de sa session assis sur sa planche, buste hors de l’eau ; un bodyboardeur est allongé, immergé jusqu’aux épaules, les mains dans l’eau pour ramer. Or l’eau évacue la chaleur du corps bien plus vite que l’air. À température d’eau, combinaison et créneau identiques, la durée de session confortable est donc nettement plus courte.


Quel équipement pour le bodyboard en eau froide ?

Dans cet ordre d’utilité, qui n’est pas celui du surf. Les gants d’abord, parce que les mains rament en permanence sous l’eau et lâchent en premier ; les modèles à trois doigts sont le meilleur compromis entre préhension et isolation. La cagoule ensuite, qui règle à la fois la déperdition et l’entrée d’eau par le col. Les chaussons, en vérifiant que les palmes acceptent l’épaisseur ajoutée. La combinaison en dernier, choisie sur l’étanchéité du col autant que sur l’épaisseur.


Peut-on faire du bodyboard en hiver ?

Oui, et c’est souvent la meilleure période : l’eau est vide et les houles d’hiver sont plus puissantes et plus régulières sur la plupart des côtes européennes. La contrainte est la durée : une session hivernale est courte, et il faut fixer sa durée avant d’entrer puis sortir à l’heure prévue plutôt qu’au ressenti, que le froid dérègle précisément.


Comment se réchauffer après une session en eau froide ?

Pas sous une douche brûlante. Après une immersion prolongée, le sang périphérique est refroidi et les vaisseaux des extrémités sont contractés : une chaleur brutale les dilate d’un coup et renvoie ce sang froid vers le tronc, faisant chuter la température centrale au moment où l’on se croit tiré d’affaire. Séchez-vous, rhabillez-vous en commençant par le haut du corps et la tête, buvez chaud et sucré, et réservez la douche pour plus tard, tiède avant d’être chaude.