La question de ce qui est autorisé en bodyboard se pose presque toujours au mauvais moment : devant un maître-nageur qui demande de sortir, ou après une collision. Elle a pourtant une réponse simple à obtenir, et une seule source qui fait foi.
Ce n’est pas une règle nationale qui décide sur votre plage, c’est un arrêté municipal. Tout le reste en découle.
Le cadre général : un engin de plage
La réglementation française classe le bodyboard parmi les engins de plage, au même titre que la planche à voile ou le paddle non motorisé. Deux conséquences en découlent.
D’abord, la navigation est limitée à 300 mètres d’un abri. Cette limite n’est pas anecdotique en bodyboard, puisque la pratique se fait de toute façon près du bord, mais elle devient concrète sur un spot où le courant emmène vers le large.
Ensuite, le bodyboard n’est pas un navire : il n’exige ni immatriculation, ni permis, ni équipement de sécurité réglementaire. C’est ce qui explique l’impression d’absence totale de règles, alors que l’encadrement existe et qu’il est local.
L’arrêté municipal, la seule source qui compte
Sur la bande des 300 mètres, c’est le maire qui exerce la police des baignades et des activités nautiques. Il fixe par arrêté ce qui est autorisé, où, et à quelles heures.
Un arrêté peut donc, selon la commune :
- délimiter des zones réservées aux engins, distinctes de la zone de baignade ;
- interdire la pratique dans certains créneaux horaires en haute saison ;
- imposer un leash, alors qu’aucune règle nationale ne l’exige ;
- interdire complètement la pratique sur certaines plages ou à certaines périodes.
Ces arrêtés sont publics et affichés à l’entrée des plages et en mairie. Beaucoup sont désormais en ligne. Les lire une fois, pour les plages que l’on fréquente, règle la question pour la saison.
La zone de baignade, et pourquoi elle est interdite aux planches
Sur une plage surveillée, le balisage délimite une zone réservée aux baigneurs. Les engins de plage n’y ont pas leur place, et ce n’est pas une tracasserie : une planche lancée par une vague de bord dans une zone où des gens ont pieds est un projectile.
Le bodyboardeur navigue donc en dehors de ce balisage, ce qui suppose de le repérer avant d’entrer, et de tenir compte de la dérive latérale, qui ramène insensiblement vers la zone surveillée. C’est le motif d’intervention le plus fréquent des sauveteurs à l’égard des pratiquants, bien avant le comportement dangereux.
Le drapeau rouge : la nuance qui compte
Les drapeaux d’une plage surveillée concernent la baignade : vert pour une baignade surveillée sans danger particulier, orange pour une baignade dangereuse mais surveillée, rouge pour une baignade interdite.
Un drapeau rouge interdit donc formellement la baignade. Sur la pratique des engins de plage en dehors de la zone surveillée, la réponse dépend de l’arrêté municipal : certaines communes interdisent toute mise à l’eau par drapeau rouge, d’autres non.
Deux remarques valent mieux qu’un raisonnement juridique. La première : en cas d’accident survenu contre un drapeau rouge, la question de l’imprudence sera posée, quelle que soit la lettre de l’arrêté. La seconde : un drapeau rouge signale des conditions que les sauveteurs jugent dangereuses pour des nageurs, ce qui recoupe souvent, en bodyboard, les courants et vagues de bord qui font les accidents graves.
Ce qui relève de votre responsabilité
Aucune assurance n’est obligatoire pour pratiquer librement, mais la responsabilité civile s’applique pleinement : une planche qui blesse un tiers engage son propriétaire. Le raisonnement est le même que celui développé pour l’assurance en planche à voile, et il vaut d’être vérifié dans son contrat d’habitation, où les sports nautiques sont souvent exclus.
Il faut y ajouter deux points moins connus. Les espaces protégés, réserves naturelles et zones Natura 2000, peuvent restreindre l’accès ou la circulation sur certaines portions de littoral, indépendamment de tout arrêté de police. Et l’usage d’un drone pour se filmer obéit à sa propre réglementation, généralement plus restrictive que ce que l’on croit.
Les mineurs et l’encadrement
Un mineur peut pratiquer librement, sous la responsabilité de ses parents. En revanche, dès qu’il y a encadrement contre rémunération, le cadre change complètement : l’activité relève d’un établissement d’activités physiques et sportives, avec déclaration, qualification de l’encadrant et taux d’encadrement.
C’est un point utile à connaître dans l’autre sens : une prestation d’initiation payante assurée par une personne sans qualification est irrégulière, et c’est un critère simple pour choisir une école.
La méthode, en trois vérifications
- Lire l’arrêté de la commune, une fois, pour les plages que vous fréquentez. C’est la source qui fait foi et elle prime sur tout ce qui précède.
- Repérer le balisage avant d’entrer, et choisir une zone de mise à l’eau qui laisse de la marge par rapport à la zone surveillée, compte tenu de la dérive.
- Vérifier sa responsabilité civile, en cherchant les exclusions relatives aux sports nautiques.
Ces trois vérifications prennent une demi-heure au total et couvrent l’essentiel des situations, y compris sur les spots que l’on découvre.
La réserve
La réglementation varie d’une commune à l’autre, et parfois d’une année à l’autre sur la même commune. Aucun article, celui-ci compris, ne peut se substituer à la lecture de l’arrêté en vigueur : ce qui est décrit ici est le cadre général et la méthode, pas le droit applicable à votre plage.
Deuxième réserve : l’encadrement des engins de plage est souvent perçu comme une contrainte arbitraire par les pratiquants, alors qu’il découle presque toujours d’un accident réel survenu sur la commune. Les restrictions les plus sévères sont généralement les plus récentes.
Enfin, la meilleure protection juridique reste comportementale. Un pratiquant qui navigue à l’écart des baigneurs, qui ne lâche pas sa planche et qui sort quand les conditions se dégradent ne rencontre jamais ces questions.
Questions fréquentes
Le bodyboard est-il autorisé sur les plages surveillées ?
Oui, mais en dehors du balisage réservé aux baigneurs, où les engins de plage n’ont pas leur place : une planche lancée par une vague de bord dans une zone où des gens ont pieds est un projectile. Repérez le balisage avant d’entrer et laissez de la marge, car la dérive latérale ramène insensiblement vers la zone surveillée. C’est le premier motif d’intervention des sauveteurs à l’égard des pratiquants.
Peut-on faire du bodyboard quand le drapeau est rouge ?
Le drapeau rouge interdit formellement la baignade. Pour les engins de plage en dehors de la zone surveillée, la réponse dépend de l’arrêté municipal : certaines communes interdisent toute mise à l’eau, d’autres non. Deux remarques valent mieux qu’un raisonnement juridique : en cas d’accident, la question de l’imprudence sera posée quelle que soit la lettre de l’arrêté, et un drapeau rouge signale des conditions qui recoupent souvent, en bodyboard, celles qui font les accidents graves.
Le leash est-il obligatoire en bodyboard ?
Aucune règle nationale ne l’impose, mais certains arrêtés municipaux le rendent obligatoire. Indépendamment de l’obligation, c’est l’équipement qui conditionne tout le reste : sans leash, une chute dans un courant sépare le pratiquant de son unique flotteur, et la planche libre devient un danger pour les autres usagers.
Où trouver la réglementation de sa plage ?
Dans l’arrêté municipal, qui est la seule source faisant foi : sur la bande des 300 mètres, c’est le maire qui exerce la police des baignades et des activités nautiques. Ces arrêtés sont publics, affichés à l’entrée des plages et en mairie, et souvent consultables en ligne. Ils fixent les zones réservées aux engins, les créneaux horaires, l’obligation éventuelle de leash et les interdictions saisonnières.