Windsurf

Sécurité du débutant en planche à voile : la dérive, pas la chute

Un débutant en windsurf accompagné d'un moniteur en eau peu profonde, gilet de flottabilité

En planche à voile, l’accident du débutant a presque toujours le même scénario, et il n’a rien de spectaculaire : on ne sait pas encore remonter au vent, on dérive doucement, et on se retrouve à cinq cents mètres du point de départ sans moyen d’y revenir.

Tout ce qui suit découle de ce fait unique. Un débutant en windsurf ne se met pas en danger par excès d’engagement, mais par ignorance d’une contrainte géométrique.

La règle qui prime sur toutes les autres : jamais par vent de terre

C’est la seule règle qui ne souffre aucune exception, et c’est aussi la plus contre-intuitive.

Par vent de terre, celui qui souffle de la plage vers le large, l’eau est plate, la surface est belle, et les conditions paraissent idéales pour apprendre. C’est exactement le piège : chaque chute, chaque hésitation éloigne un peu plus du bord, et le retour suppose de remonter au vent, ce qu’un débutant ne sait pas faire.

Un vent qui souffle le long de la plage ou depuis la mer ramène au contraire vers le rivage à chaque dérive. Il forme un clapot plus désagréable, et c’est le prix à payer.

Vérification pratique en arrivant : regardez la direction du vent par rapport à la plage avant de regarder sa force. Un vent parfait dans la mauvaise direction est un mauvais vent, ce qui fait partie du choix du créneau.

Ne jamais quitter sa planche

C’est la deuxième règle absolue, et elle contredit le réflexe naturel.

Quand la situation se dégrade, l’envie est de laisser le matériel et de nager vers la plage, parce que la plage semble proche. Elle ne l’est pas : nager habillé d’une combinaison, dans le clapot, contre le vent, est bien plus lent qu’on ne l’imagine, et l’épuisement arrive avant la côte.

La planche, elle, flotte indéfiniment, elle est visible de loin, et elle porte le pratiquant sans effort. Un véliplanchiste sur sa planche est en attente ; un véliplanchiste qui nage est en danger.

Un leash de gréement, qui relie le mât à la planche, évite par ailleurs de se retrouver séparé de la voile après une chute violente. C’est un accessoire peu coûteux et rarement posé.

Le self rescue, la compétence à acquérir avant d’aller loin

C’est la manoeuvre qui transforme une situation bloquée en simple retour lent, et elle s’apprend en une séance, au bord, avant d’en avoir besoin.

  1. Sortir le gréement de l’eau et détacher la voile du mât si le temps le permet, ou au minimum enrouler la voile autour du mât.
  2. Poser l’ensemble en travers de la planche, mât perpendiculaire, en le maintenant sous le buste.
  3. Pagayer à plat ventre, à la main, en visant un point à terre plutôt que la plage en général.

C’est lent, c’est fatigant, et cela fonctionne. Le fait de savoir que cette option existe change surtout la gestion du stress, qui est ce qui fait les mauvaises décisions.

Le signal de détresse

Il tient en un geste, à connaître avant d’en avoir besoin : les deux bras tendus, levés et croisés au-dessus de la tête, de façon répétée. C’est le signal international, compris des sauveteurs et des plaisanciers.

Il suppose évidemment d’être visible. Une combinaison sombre sur une planche blanche, à cinq cents mètres, dans un clapot, ne se repère pas. C’est l’argument principal en faveur des combinaisons et des gilets de couleur vive, que les débutants choisissent presque toujours sombres.

Les priorités, en trois règles

Elles évitent les collisions, qui sont la deuxième source d’incident chez les débutants, surtout sur les plans d’eau fréquentés.

  • Le navigateur tribord amure est prioritaire, c’est-à-dire celui qui a le vent venant de sa droite et la main droite devant.
  • Celui qui remonte au vent cède à celui qui descend, ce dernier ayant moins de manoeuvrabilité.
  • Celui qui part de la plage cède à celui qui revient.

En cas de doute, la règle qui n’échoue jamais est de passer derrière l’autre et de le regarder. Un débutant qui ne quitte pas des yeux le navigateur qu’il croise ne le percute pas.

Ce qu’il faut vérifier avant de partir

Trois choses seulement, et elles prennent une minute.

Le nombre de personnes à l’eau. Un plan d’eau vide un jour de bon vent est un signal, pas une chance.

L’état du matériel, en particulier le pied de mât et son cordage, dont la rupture est la panne la plus fréquente et celle qui laisse le plus démuni. Le reste de la préparation est détaillé dans planifier sa session de windsurf.

La zone autorisée. La réglementation limite la navigation des engins de plage à 300 mètres d’un abri, et cette limite a des conséquences au-delà de l’amende, notamment sur la couverture d’assurance, comme l’explique l’assurance en planche à voile.

La réserve

La planche à voile est un sport très sûr, statistiquement, et il faut le dire pour ne pas décourager. La quasi-totalité des interventions concernent des dérives, pas des blessures, et elles se terminent par un remorquage sans conséquence.

Deuxième point : la voile trop grande est la première cause de mauvaise séance chez les débutants, et indirectement de situations dégradées. Une voile qui tire trop épuise en vingt minutes, et un pratiquant épuisé prend de mauvaises décisions. Les repères de surface sont dans les voiles de windsurf.

Enfin, ces règles ne remplacent pas quelques séances encadrées. Le self rescue et la remontée au vent s’apprennent en une matinée avec un moniteur, contre plusieurs saisons en autodidacte, et ce sont précisément les deux compétences qui font la différence entre une mésaventure et un secours.

Questions fréquentes


Pourquoi ne faut-il pas naviguer par vent de terre ?

Parce que chaque chute éloigne du bord et que le retour suppose de remonter au vent, ce qu’un débutant ne sait pas faire. Le piège est que ces conditions paraissent idéales : par vent de terre, l’eau est plate et la surface belle. Un vent qui souffle le long de la plage ou depuis la mer ramène au contraire vers le rivage à chaque dérive, au prix d’un clapot plus désagréable. Regardez la direction du vent avant sa force.


Que faire si on n'arrive plus à remonter au vent ?

Le self rescue, qui s’apprend en une séance au bord avant d’en avoir besoin. Sortez le gréement de l’eau et enroulez la voile autour du mât, posez l’ensemble en travers de la planche en le maintenant sous le buste, puis pagayez à plat ventre en visant un point précis à terre. C’est lent et fatigant, mais cela fonctionne, et le simple fait de savoir que cette option existe change la gestion du stress.


Faut-il rester sur sa planche en cas de problème ?

Toujours, et cela contredit le réflexe naturel. Nager vers une plage qui semble proche, en combinaison, dans le clapot et contre le vent, est bien plus lent qu’on ne l’imagine, et l’épuisement arrive avant la côte. La planche flotte indéfiniment, se voit de loin et porte sans effort : un véliplanchiste sur sa planche est en attente, un véliplanchiste qui nage est en danger.


Quelles sont les règles de priorité en planche à voile ?

Trois suffisent. Le navigateur tribord amure est prioritaire, c’est-à-dire celui qui a le vent venant de sa droite et la main droite devant. Celui qui remonte au vent cède à celui qui descend, ce dernier ayant moins de manoeuvrabilité. Et celui qui part de la plage cède à celui qui revient. En cas de doute, passez derrière l’autre sans le quitter des yeux : un débutant qui regarde le navigateur qu’il croise ne le percute pas.