Wakeboard

Filmer le wakeboard : le seul sport de glisse où l’on sait où regarder

Photo 1 Wakeboard 2 Camera

Le wakeboard est de loin le sport de glisse le plus facile à filmer, et pour une raison que personne ne formule : on sait exactement où le rider va passer. Derrière un bateau, il évolue dans un couloir de quelques mètres à distance fixe. Sur un câble, il repasse au même endroit à chaque tour.

C’est l’inverse du surf ou du kitesurf, où l’essentiel du travail consiste à anticiper un sujet imprévisible. Ici, toute la difficulté se déplace vers la lumière et les réglages.

Le câble : le cas le plus simple de tous

Sur un téléski, choisissez un module et postez-vous dessus. Le rider y reviendra toutes les deux ou trois minutes, dans le même axe, à la même vitesse, avec la même trajectoire.

Cela permet une chose impossible ailleurs : régler sur le premier passage et déclencher sur le deuxième. Vérifiez le cadrage, l’exposition et la mise au point sur un tour complet, corrigez, puis photographiez au suivant.

Trois positions donnent trois images différentes. Face au module, en bout de trajectoire, pour la figure de face. De profil, pour la hauteur et l’amplitude. Et en contre-plongée depuis le ponton, pour la silhouette sur le ciel, qui est le seul angle qui détache vraiment le sujet.

Depuis le bateau

C’est le meilleur point de vue et le plus contraignant, parce qu’on filme depuis une plateforme qui bouge.

Placez-vous à l’arrière, assis et bas, à peu près à hauteur de la vague. Une prise de vue debout écrase le relief de la vague et fait paraître les sauts plus petits qu’ils ne sont.

Deux problèmes se règlent en amont. Les vibrations du moteur, qui parasitent la stabilisation : tenez l’appareil à bout de bras plutôt qu’appuyé sur la coque. Et l’embrun, qui arrive par rafales et se dépose sur l’optique. En eau douce, il sèche en laissant des traces de calcaire beaucoup plus difficiles à retirer que le sel : essuyez immédiatement, pas à la fin.

Le pilote doit être prévenu : une trajectoire régulière compte plus que la vitesse, et un virage pris pendant une figure ruine la prise. C’est le même principe que pour la session elle-même, où le pilote fait la moitié du travail.

Les réglages, pour un sujet rapide et prévisible

  • La vitesse d’obturation. Au moins un millième de seconde pour figer la gerbe, davantage si le soleil le permet. Le rider va plus vite qu’un surfeur et l’eau projetée aussi.
  • La mise au point continue avec suivi, réglée sur la zone du module ou de la vague, puisqu’on connaît l’endroit à l’avance.
  • La rafale. Une rotation dure moins d’une seconde, et la seule image utile est celle où la planche est perpendiculaire à l’axe de vue. Elle ne se déclenche pas, elle se trie.
  • La cadence vidéo. Filmez à cadence élevée pour pouvoir ralentir : c’est au ralenti que l’on voit si une rotation est terminée et si un grab est tenu, ce qui est le principal usage utile de la vidéo dans cette discipline.

La lumière, seul vrai problème

Sur un plan d’eau intérieur, le couloir de câble est fixe et le soleil tourne. Il existe donc, chaque jour, une plage horaire où le sujet est éclairé de face ou de trois quarts, et une autre où il est systématiquement à contre-jour.

Repérez-la une fois, notez-la, et revenez à cette heure. C’est le réglage le plus rentable de tous, et il ne coûte rien.

En milieu de journée, la lumière verticale creuse les orbites et écrase les volumes de la vague. En fin d’après-midi, elle rase la surface et fait ressortir la gerbe, qui est le sujet réel d’une photo de wakeboard.

La caméra embarquée

Deux emplacements fonctionnent, un troisième est à proscrire.

Sur le casque, le point de vue est immersif et donne bien la vitesse, mais il ne montre ni la position du corps ni la planche.

Sur le gilet d’impact, orientée vers le bas et l’avant, elle cadre la planche et les appuis, ce qui en fait la seule fixation réellement utile pour corriger un geste. Le choix du casque et du gilet conditionne d’ailleurs les points de fixation disponibles.

La perche tenue à la main est à proscrire. Une main occupée est une main qui ne tient pas le palonnier, et l’objet devient un projectile à la chute. C’est valable derrière un bateau comme au câble.

Le drone, presque toujours exclu

Sur un téléski, le couloir est encombré de pylônes et traversé par un câble en mouvement. Voler à l’intérieur est exclu, et la plupart des exploitants l’interdisent formellement.

Derrière un bateau, la réglementation générale s’applique, avec l’interdiction de survoler des personnes, ce qui exclut précisément le plan que l’on cherche. Reste le plan large latéral, qui donne le contexte et pas la figure.

La réserve

La facilité de captation du wakeboard produit un effet pervers : tout le monde a des images, et elles se ressemblent toutes. Le module vu de face, le grab au sommet, la gerbe à la réception. Les séquences qui se distinguent sont celles qui montrent la trajectoire complète, de la préparation à la sortie, ce que la photo ne peut pas faire.

Deuxième réserve : filmer occupe une personne qui ne ride pas. Sur une session à plusieurs, l’alternance est la seule formule tenable, et elle suppose que chacun accepte de photographier les autres avec le même soin.

Enfin, la vidéo n’est utile que relue. Trois passages annotés valent mieux qu’une carte mémoire pleine, et la comparaison la plus instructive est celle de deux tentatives successives de la même figure, pas celle de votre passage avec une vidéo de professionnel, comme le rappelle le même sujet côté surf.

Questions fréquentes


Comment filmer ses sessions de wakeboard ?

En profitant du fait que le sujet est prévisible, ce qui est propre à cette discipline : derrière un bateau, le rider évolue à distance fixe ; sur un câble, il repasse au même endroit à chaque tour. Cela permet de régler cadrage, exposition et mise au point sur un premier passage, puis de déclencher au suivant. Filmez à cadence élevée pour pouvoir ralentir : c’est au ralenti qu’on voit si une rotation est terminée et si un grab est tenu.


Où se placer pour photographier un wakeboarder ?

Trois positions donnent trois images. Face au module, en bout de trajectoire, pour la figure de face. De profil, pour la hauteur et l’amplitude. Et en contre-plongée depuis le ponton, pour la silhouette sur le ciel, seul angle qui détache vraiment le sujet. Depuis un bateau, placez-vous à l’arrière, assis et bas, à hauteur de la vague : une prise de vue debout écrase le relief et fait paraître les sauts plus petits.


Quels réglages pour photographier le wakeboard ?

Une vitesse d’obturation d’au moins un millième de seconde pour figer la gerbe, davantage si la lumière le permet. Une mise au point continue avec suivi, réglée à l’avance sur la zone du module puisqu’on connaît le point de passage. Et la rafale, car une rotation dure moins d’une seconde et la seule image utile est celle où la planche est perpendiculaire à l’axe de vue : elle se trie, elle ne se déclenche pas.


Peut-on filmer avec un drone dans un wakepark ?

Presque jamais. Le couloir d’un téléski est encombré de pylônes et traversé par un câble en mouvement : voler à l’intérieur est exclu, et la plupart des exploitants l’interdisent formellement. Derrière un bateau, la réglementation générale s’applique, avec l’interdiction de survoler des personnes, ce qui exclut précisément le plan recherché. Reste le plan large latéral, qui donne le contexte et pas la figure.