Kitesurf

Photo et vidéo de kitesurf : cadrer un sujet de 25 mètres

Un photographe accroupi sur une plage cadre au téléobjectif un kitesurfeur en plein saut au large

Photographier du kitesurf pose un problème que le surf ne pose pas : le sujet occupe vingt-cinq mètres de hauteur. Le rider est en bas, l’aile est en haut, et les lignes qui les relient sont invisibles à l’image.

Tout le reste en découle, y compris le choix de la focale, du cadrage et du moment de déclencher.

Le problème de composition propre au kitesurf

Un kitesurfeur et son aile forment un sujet démesuré. Deux cadrages sont possibles, et chacun perd quelque chose.

Cadrer le rider seul donne une image nette et lisible, mais elle ne raconte rien : sans l’aile, le personnage semble tiré par une force invisible, et un lecteur non pratiquant ne comprend pas la scène.

Cadrer l’ensemble raconte le geste, mais le rider ne fait plus que quelques dizaines de pixels de haut, et son attitude, qui est le sujet réel, disparaît.

La solution n’est pas un compromis mais un choix de moment : c’est au sommet d’un saut que la distance entre le rider et l’aile est la plus faible, parce qu’il remonte vers elle. C’est l’instant où les deux tiennent dans le même cadre à une taille exploitable, et c’est pour cela que la photo de kitesurf est presque toujours une photo de saut.

La focale, plus longue qu’en surf

Un kitesurfeur navigue plus loin du bord qu’un surfeur, souvent à plusieurs centaines de mètres, et il ne revient pas naturellement vers la plage comme le fait une vague.

Là où quatre cents millimètres suffisent en surf, il en faut davantage ici pour un sujet équivalent, ou il faut accepter de ne photographier que les passages proches du bord. La seconde option est souvent la meilleure : plutôt que d’acheter de la focale, repérez la zone où les riders virent près de la plage et postez-vous là.

Réglages de départ, à ajuster ensuite : une vitesse d’obturation d’au moins un millième six centième de seconde, un sujet se déplaçant nettement plus vite qu’en surf, une mise au point continue et une rafale suffisamment longue pour couvrir un saut entier.

Anticiper, plutôt que suivre

Un saut de kitesurf ne se déclenche pas au hasard. Il est précédé d’une séquence lisible pour qui regarde : le rider borde, charge son rail, envoie l’aile au zénith, puis décolle.

Un photographe qui connaît cette séquence déclenche avant l’envoi, pas au moment du décollage. C’est la différence principale entre une série exploitable et deux cents images de sujet coupé. Les figures et leurs phases sont décrites dans les figures avancées de kitesurf.

Repère pratique : le rider regarde presque toujours dans la direction de son atterrissage. Suivre son regard permet de cadrer la réception, qui est souvent plus expressive que le sommet du saut.

La lumière, et l’aile qui la mange

Une aile de kitesurf est une grande surface de tissu translucide de couleur vive. Elle se comporte comme un panneau : elle renvoie de la lumière sur le rider quand elle est du bon côté, et elle le plonge dans l’ombre quand elle est entre lui et le soleil.

La conséquence pratique est simple : placez-vous de façon que l’aile ne soit pas à contre-jour. En début et en fin de journée, la lumière rasante détache les couleurs de l’aile sur le ciel, et c’est le seul moment où l’ensemble du sujet est correctement exposé.

Le drone : la seule vraie interdiction

C’est le point qui distingue radicalement le kitesurf des autres sports de glisse. Un kite est relié à son pilote par des lignes de vingt à vingt-cinq mètres, quasiment invisibles. Un drone qui s’approche ne les voit pas, le pilote de drone ne les voit pas non plus, et une ligne sectionnée signifie une aile hors de contrôle au-dessus d’une plage.

Il ne s’agit donc pas seulement d’une question de réglementation, qui s’applique par ailleurs comme partout, mais d’un risque direct pour le pratiquant. La règle qui fait consensus est de ne jamais voler dans la fenêtre de vol d’une aile, et de rester très en retrait, ce qui retire au drone une bonne part de son intérêt.

Le tour depuis la plage, latéralement et à distance, reste possible. Le survol d’un rider en action ne l’est pas, et les images qui circulent ont presque toujours été tournées avec l’accord et la coordination du pratiquant.

La caméra embarquée

Trois emplacements, trois résultats.

  • Sur le casque, orientée vers l’avant : le point de vue le plus naturel, mais l’aile sort du cadre dès qu’elle monte.
  • Sur la barre ou le harnais, orientée vers le haut : c’est le seul montage qui garde l’aile dans l’image et donne la lecture du pilotage.
  • Sur la planche : spectaculaire à la réception, inutilisable le reste du temps.

Dans tous les cas, une attache et un flotteur. Une caméra perdue en kitesurf ne se retrouve pas : contrairement au surf, on n’est pas à l’endroit où on est tombé. Le reste de ce qui se fixe et se perd est traité dans les accessoires de kitesurf.

La réserve

Photographier depuis la plage suppose quelqu’un sur la plage, et c’est la contrainte que les tutoriels évitent. La plupart des pratiquants n’auront jamais de photo correcte de leur navigation, sauf à s’organiser à plusieurs et à alterner.

Deuxième réserve : l’image de kitesurf est très codifiée, saut au sommet, aile dans le ciel, gerbe à la réception. C’est spectaculaire et interchangeable. Les images qui se distinguent sont presque toujours celles qui montrent autre chose, le montage sur la plage, l’attente, la fin de session.

Enfin, une remarque de sécurité qui vaut plus que tous les réglages : un photographe concentré sur son viseur ne voit pas venir une aile qui tombe. Sur une plage fréquentée, restez en retrait de la zone de décollage et d’atterrissage, qui est l’endroit où se produisent la plupart des accidents graves.

Questions fréquentes


Comment photographier un kitesurfeur ?

En photographiant un saut, et non de la navigation. Le rider et son aile forment un sujet de vingt-cinq mètres de hauteur : cadrer le rider seul donne une image que personne ne comprend, cadrer l’ensemble le réduit à quelques pixels. C’est au sommet d’un saut, quand il remonte vers son aile, que les deux tiennent ensemble à une taille exploitable. Déclenchez avant l’envoi de l’aile, pas au décollage.


Quelle focale pour photographier le kitesurf ?

Plus longue qu’en surf, parce qu’un kitesurfeur navigue à plusieurs centaines de mètres du bord et ne revient pas vers la plage comme le fait une vague. Là où quatre cents millimètres suffisent en surf, il en faut davantage pour un sujet équivalent. L’alternative, souvent meilleure, est de repérer la zone où les riders virent près du bord et de s’y poster, plutôt que d’acheter de la focale.


Peut-on utiliser un drone pour filmer du kitesurf ?

Pas au-dessus d’un rider en action, et ce n’est pas d’abord une question de réglementation. Un kite est relié à son pilote par des lignes de vingt à vingt-cinq mètres quasiment invisibles : ni le drone ni son pilote ne les voient, et une ligne sectionnée signifie une aile hors de contrôle au-dessus d’une plage. Le tour depuis la plage, latéralement et à bonne distance, reste possible.


Où fixer une caméra pour filmer du kitesurf ?

Sur la barre ou le harnais, orientée vers le haut : c’est le seul montage qui garde l’aile dans l’image et permet de lire le pilotage. Sur le casque, le point de vue est naturel mais l’aile sort du cadre dès qu’elle monte ; sur la planche, l’image est spectaculaire à la réception et inutilisable le reste du temps. Dans tous les cas, une attache et un flotteur : contrairement au surf, on n’est pas à l’endroit où l’on est tombé.